Plan de développement de la zone agricole : récupération de l’eau de pluie en milieu agricole

Julie Goudreault

Conseillère aux entreprises et responsable du suivi PDZA

Lors de l’élaboration, en 2015, et du renouvellement, en 2023, du Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la MRC de L’Île-d’Orléans, la caractérisation du secteur agricole a révélé certaines faiblesses du territoire, notamment l’absence d’un cours d’eau significatif et un réseau hydrographique de faible ampleur. De plus, les producteurs rencontrent des difficultés pour s’approvisionner, puisque la principale source d’eau est souterraine et certains puits en manquent.

L’un des principaux enjeux est donc d’assurer une disponibilité suffisante d’eau de qualité pour les producteurs agricoles de l’île. Un plan d’action mobilisateur a été mis en place, visant à garantir l’accès à de l’eau de bonne qualité pour les besoins agricoles tout en tenant compte des besoins des autres utilisateurs du territoire.

Pour contrer cette problématique, la MRC soutient, entre autres, les recherches sur les questions de disponibilité et de qualité de l’eau.

Projet pilote sur la valorisation de l’eau provenant des précipitations

Une étude expérimentale de valorisation de l’eau de pluie a été réalisée à l’île d’Orléans de 2021 à 2023 en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Plusieurs partenaires financiers ont participé à cette initiative, dont la MRC via le Fonds de la région de la Capitale-Nationale (FRCN) avec un financement de 49 534 $.

Le projet pilote visait à recueillir des données pour encadrer le captage de l’eau de pluie provenant des précipitations jusqu’à son utilisation pour divers usages en milieu agricole. Il comprenait l’implantation de structures pour le captage, le transport, le stockage et le traitement de l’eau. Les activités ont été menées chez quatre entreprises agricoles. Concrètement, de grands réservoirs de plastique ont été enfouis chez des producteurs maraîchers confrontés à des problèmes récurrents d’approvisionnement en eau.

Retombées pour le secteur agricole

Cette initiative démontre qu’il est possible de diversifier les sources d’approvisionnement en eau en captant les précipitations tout en améliorant l’accès à de l’eau de qualité selon les besoins spécifiques. Parmi les usages ciblés pour les entreprises agricoles de la filière horticole figurent, par exemple, le lavage des légumes et l’approvisionnement en eau pour la main-d’œuvre hébergée.

La valorisation des eaux pluviales contribuera à réduire l’érosion des sols et à atténuer le risque de déficit hydrique pour les entreprises, renforçant ainsi la résilience du milieu face aux changements climatiques. En captant les précipitations, notamment lors des « coups d’eau », cette pratique permettra de limiter les impacts négatifs sur les infrastructures municipales (fossés, ponceaux, etc.).

En valorisant l’utilisation de l’eau de pluie plutôt que de recourir davantage aux ressources en eau souterraine ou de creuser de nouveaux étangs qui limiteraient l’espace de production horticole, ce projet encourage une utilisation judicieuse et durable de l’eau et des terres agricoles.

Améliorer la productivité du secteur agricole de l’île d’Orléans, c’est aussi soutenir l’un des principaux pôles économiques de la MRC et ses travailleurs.

Vignette : Enfouissement de réservoirs pour capter l’eau de pluie. ©IRDA

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One Comment

  • Démarche intéressante.

    Peut-être une approche additionnelle pourrait être l’identification des terres en pente qui sont délaissées ou en friche et d’y installer des couvertures en plastique (ou des couches minces en matière imperméable) qui permettrait de créer des accumulateurs d’eau de pluie et de la fonte de neige, munis d’une canalisation (l’effet entonnoir) en bas dirigée vers des réservoirs ou étangs creusés.

    Il n’y a de plus simple que d’utiliser la force de gravité et les terres en pente non utilisées (parfois, temporairement) pour l’agriculture, dans le but d’accumuler l’eau provenant du ciel.

    A. Plumpton, PhD, ingénieur semi-retraité

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