Le 19 octobre 1781, le major Clément Gosselin prenait part à la fin du siège de Yorktown qui allait mener à l’indépendance des États-Unis. Deux cent quarante-trois ans plus tard, presque jour pour jour, le natif de Sainte-Famille a été désigné par le gouvernement du Québec personnage historique, le 104e depuis 2012.
Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a fait l’annonce de la désignation de Clément Gosselin comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel le 17 octobre, dans la salle d’exposition bondée de la Maison de nos Aïeux.
Le ministre Lacombe a rappelé que l’Orléanais, né en 1747, représentait la figure canadienne-française la plus en vue de l’armée continentale pendant la Guerre d’Indépendance des États-Unis, qui s’est déroulée de 1775 à 1783.
« Son parcours hors du commun met tout à la fois en lumière le rôle joué par des Canadiens dans cet événement majeur de l’histoire nord-américaine et les idées et passions qui animaient la vie des habitants du Canada juste après la Conquête britannique », a affirmé M. Lacombe.
Second Orléanais désigné de ce titre après Félix Leclerc, Clément Gosselin s’est illustré pendant cette guerre en œuvrant activement pour la cause du Congrès continental, en lutte contre la Grande-Bretagne. Après avoir participé au siège de Québec (1775-1776), il a parcouru les paroisses de la rive sud du fleuve Saint-Laurent pour tenir des assemblées, livrer les messages du Congrès à la population et recruter des dizaines de volontaires canadiens pour grossir les rangs de l’armée continentale.
Il a obtenu la confiance du général George Washington et du marquis de La Fayette pour effectuer au moins trois missions d’espionnage au Canada, entre 1778 et 1780. Il participe finalement au siège de Yorktown, bataille décisive du conflit, où il a été blessé à une jambe par un morceau de bois.
En congé de maternité, la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, a déclaré par vidéo qu’il s’agissait d’un dossier de longue haleine, dont l’issue aura des retombées importantes à la fois pour Sainte-Famille et pour l’ensemble de l’île, pour les familles Gosselin ainsi que pour l’histoire du Québec tout entier.
L’annonce du ministre a constitué le dénouement de démarches amorcées il y a 11 ans par l’Ordre de Lafayette États-Unis et Canada, l’Association Québec-France—Québec, l’Association des familles Gosselin et la municipalité de Sainte-Famille.
« La désignation de Clément Gosselin comme personnage historique est une grande fierté pour nous, à Sainte-Famille. C’était un homme de convictions qui s’est battu pour une cause qui lui tenait à cœur. Il est un modèle, tant pour notre communauté que pour tous les Québécois », a mentionné le maire de Sainte-Famille, Jean-Pierre Turcotte.
M. Turcotte et le ministre Lacombe ont d’ailleurs reçu un diplôme commémoratif des mains du président de l’Ordre Lafayette États-Unis et Canada, Gérard Charpentier.
En 2022, Sainte-Famille avait proposé la désignation de Clément Gosselin comme personnage historique au ministère de la Culture et des Communications. La même année, deux plaques commémoratives ont été dévoilées en l’honneur du major Clément Gosselin, près de l’église de Sainte-Famille et au cimetière de Beekmantown (New York), où il est inhumé.
« Mon grand, grand-oncle, un membre de la famille Gosselin, se retrouve au panthéon. Un rebelle, un traître menacé d’excommunication devenu patriote américain. Un défenseur de droits civiques plus grand que nature », a commenté avec émotion le vice-président de l’Association des familles Gosselin, Jean-François Gosselin.
La présidente de l’Association Québec-France—Québec, Christiane Bois, a tenu à souligner le travail de son vice-président et résident de Saint-Laurent, Serge Pouliot, qui a coordonné les démarches de désignation de personnage historique de Clément Gosselin depuis 2013.
« Le patrimoine n’est pas juste constitué de bâtisses et d’objets, mais de personnes aussi. C’est pourquoi il est important de continuer à valoriser les personnes. Clément Gosselin a beaucoup marqué les États-Unis. Son impact est extraordinaire pour la Fondation François-Lamy (FFL) », a noté le président de la FFL, Conrad Gagnon.
Nommé major, Clément Gosselin a tiré profit, au terme de la guerre, de son influence auprès des autorités américaines pour faire valoir les intérêts de ses compatriotes qui se sont engagés dans les régiments canadiens de l’armée continentale et qui ont été oubliés dans les rétributions aux combattants.
Vignette : Conrad Gagnon, Jean-Pierre Turcotte, Mathieu Lacombe, Gérard Charpentier, Christiane Bois et Jean-François Gosselin devant la plaque dévoilée en hommage à Clément Gosselin, en 2022, à Sainte-Famille. ©Marc Cochrane
Photos : Marc Cochrane
Vidéo : https://youtu.be/EmR5xGMz4y4











