Surnommée le bout de l’île, la paroisse de Sainte-Pétronille est la plus ancienne et la plus jeune paroisse de l’île. La plus ancienne, car dès le début du XVIIe siècle les Jésuites implantent une mission religieuse à l’Anse du fort et la plus jeune parce que ce n’est qu’en 1870 qu’elle est détachée de Saint-Pierre pour devenir une paroisse autonome.
Pourquoi l’a-t-on appelée ainsi ?
Selon la tradition, sainte Pétronille est Romaine de naissance et serait la petite fille de l’empereur Vespasien. Elle aurait été baptisée par saint Pierre et reconnue comme sa fille spirituelle.
La légende dorée, rédigée entre 1261 et 1266, dit plutôt qu’elle serait la fille de saint Pierre et de sainte Perpétue.
La statue de la sainte qui est dans l’église la présente avec un balai à la main. Selon la tradition, la jeune fille, souvent malade, fait le ménage en toute humilité lorsque sa santé le lui permet.
Sainte Pétronille est aussi la patronne des rois de France et est considérée comme la fille aînée de l’Église.
C’est aussi dans cette église qu’est né un pèlerinage tout à fait particulier.
En 1877, l’abbé Paquet, curé de Sainte-Pétronille, inaugure un nouveau culte à sainte Philomène en faisant la propagation de sa grande foi. Des cœurs de dévotion sont alors utilisés pour l’occasion. On y plaçait des lettres personnelles pour demander sa protection ou la remercier pour les miracles obtenus.
Le village de Sainte-Pétronille devient alors le troisième lieu de pèlerinage le plus important de la région après Saint-Michel-de-Bellechasse et Sainte-Anne-de-Beaupré.
On organisait même des journées entières consacrées à la visite de ces lieux en commençant par Saint-Michel, puis on traversait à Sainte-Pétronille et enfin à Sainte-Anne. Le fleuve était alors considéré comme un lien et non comme une étendue d’eau qui distancie.
Plusieurs milliers de personnes viendront saluer cette sainte, qui, à la suite du concile Vatican 2, sera désavouée par l’Église et dépouillée de ses symboles. Il reste de cette époque plusieurs de ces cœurs de dévotion, des écrits touchants remplis d’émotion que la Fabrique de l’église conserve précieusement.
Depuis le début des années 1980, l’église accueille le prestigieux festival de Musique de chambre à Sainte-Pétronille où des artistes internationaux se produisent.
Vignette : Sainte-Pétronille est présentée avec un balai à la main. ©Pierre Lahoud
Des cœurs de dévotion ont été utilisés pour le pèlerinage à sainte Philomène. ©Pierre Lahoud



