Régulièrement, juste pour le plaisir, je fais le tour des quais de l’île d’Orléans, non sans émotion, moi qui ai de si beaux souvenirs. Ces quais ont non seulement marqué l’histoire de l’île, mais ils permettent d’illuminer la vie avec le Saint-Laurent à leurs pieds.
Ces quais sont des lieux méditatifs pour qui sait apprécier le spectacle de la nature. Ils m’apportent l’inspiration pour écrire et réfléchir. Le silence qu’ils m’imposent m’apaise. Du côté nord comme du côté sud, je m’incline devant tant de beauté, devant leurs points de vue et leurs paysages à couper le souffle. Cette nature, qui est à la fois si forte et si fragile. Et chaque saison nous offre ce cadeau dont l’apothéose, l’automne, nous en met plein la vue avec ses couleurs éclatantes, rouge, vert, jaune…. Les quais font resplendir poétiquement la saison !
Le son musical de l’eau qui caresse le rivage m’enchante. J’hume le parfum sauvage du fleuve. Son odeur me réconforte. L’hiver, j’attends le retour de son parfum qui sommeille dans ses eaux glacées et qui me ressaisira de nouveau au printemps prochain.
Le mot quai, anciennement « cai », est d’origine normande. Il signifie « banc de sable ».
Lieux de rencontre, de plaisir ou de contemplation, les quais de l’île le sont toujours, mais pas comme avant ni avec la même intensité et les mêmes émotions. On y venait autrefois pour faire des affaires, courtiser, attendre un marin, fêter, voir les goélettes et les bateaux arriver, pêcher, s’amuser… L’histoire nous apprend qu’à une certaine époque, le quai de Sainte-Pétronille était le plus achalandé de l’île. Plusieurs traversiers s’y sont succédés et y ont amené de nombreux touristes, l’été, en quête de villégiature. Plusieurs ont goûté aux beautés des lieux et s’y sont établis par la suite.
De nos jours, on fréquente encore les quais, parfois pour les mêmes raisons, mais aussi pour s’aimer, assis sur un banc, discuter entre amis ou seul, pour marcher et prendre l’air. Debout, face à l’immensité du fleuve, on aime voir au loin, savourer son air marin en pleine canicule l’été comme nos ancêtres l’ont fait tant de fois sur ces quais jadis faits de bois.
Ces quais apportent la fraîcheur et l’inspiration aux créateurs. Des livres, des photos, des tableaux, des chansons, des sculptures en émergent depuis longtemps et encore maintenant. À cause d’eux, on glorifie l’art !
Chaque quai a son charme et son histoire
Chaque quai, Sainte-Pétronille, Saint-Laurent, Saint-Jean et Saint-François a son charme et porte son histoire. Hélas, le glas a sonné depuis longtemps pour d’autres, comme celui de Saint-Pierre, le plus vieux de l’île, qui a disparu du décor et celui de Sainte-Famille aussi, même s’ils ont connu, au 19e siècle, leurs heures de gloire pour flâner, contrer l’isolement, faire du commerce et des pèlerinages… Heureusement, on ne les a pas tous perdus ! Il en reste quatre qui ont été entretenus et remis à neuf. Les Orléanais et les visiteurs peuvent ainsi en profiter et imaginer tout ce qu’ils nous ont apporté et apportent toujours. Arrêtons-nous un moment pour les voir avec les yeux du cœur !
Sources: https://archiv–histo.com/web_assets/publications/Dionne; https://www.magazinecontinuite.com/une–action–immediate–pour–les–quais/; https://usito.usherbrooke.ca/d%C3%A9finitions/quai ; P. (2014)« L’Île d’Orléans – Pays de traditions », Québec, Les Éditions GIhttps://usito.usherbrooke.ca/d%C3%A9finitions/quai;LAHOUD.
Vignette : Le quai de Sainte-Pétronille permet d’admirer le fleuve et Québec, au loin. ©Marie Blouin


