Ça grouille de bibittes dans des forêts de l’île d’Orléans

La vie abonde dans des forêts matures de l’île d’Orléans et pas seulement en faune terrestre ou en flore. À preuve, 254 espèces et morpho-espèces de coléoptères ont été répertoriées dans une érablière à sucre et dans une hêtrière de Saint-Pierre.

Ce constat a été effectué dans le cadre d’une étude réalisée par un étudiant à la maîtrise en Sciences forestières de l’Université Laval. Passionné par les insectes, la botanique et la foresterie, Ludovic Leclerc a publié son inventaire de 2 236 spécimens appartenant à 41 familles et 254 espèces et morpho-espèces de coléoptères dans Le Naturaliste canadien d’automne 2024.

« Mon père Michel Leclerc m’a initié aux insectes à l’âge de 6 ans lorsque nous prenions des promenades dans les sentiers aménagés de la route des Prêtres près de la maison de mes grands-parents, Joseph-Arthur Leclerc et Simone Beaudoin, à Saint-Pierre. J’y suis retourné durant les étés de 2022 et 2023 pour compiler le premier inventaire de ce genre à l’île d’Orléans », a souligné celui qui a terminé sa maîtrise sur la stabilité des communautés de coléoptères, une étude sur 20 ans au sein d’une forêt à maturité et protégée du Québec.

Effectuée pour son simple plaisir, la démarche du résident de Sainte-Foy s’avère importante puisque les résultats de cette étude offrent une première référence pour la biodiversité des coléoptères dans les forêts représentatives de l’île d’Orléans, révélant la présence d’espèces associées aux anciennes forêts de feuillus.

Ce type d’inventaire contribue à mieux comprendre le patrimoine naturel et rappelle l’importance de la conservation des milieux forestiers riches en biodiversité.

Le féru d’insectes a constaté que la zone forestière de l’île a été beaucoup fragmentée ¸depuis les débuts de la colonisation.

« Quelque 70 % du couvert forestier a disparu à l’île. Il reste le centre, les pointes et les lisières. C’est près de 94 % de l’île a été zonée agricole en date de la fin des années 1990. Ce pourcentage pourrait avoir augmenté depuis », a révélé M. Leclerc.

Parmi les espèces les plus abondantes, Ludovic a noté les nitidules à 44 % et les staphylins à 14 %.

Les coléoptères décomposeurs

Si nombreux soient-ils à l’île, quels rôles jouent les coléoptères au sein de la biodiversité ?

« On les surnomme les décomposeurs. Ils se nourrissent du bois en décomposition, des feuilles mortes ou de cadavres d’animaux. Ils font le ménage. D’autres agissent aussi comme pollinisateurs pour les arbres en forêt.

Document qui a été révisé par ses pairs, l’étude de Ludovic intitulée Forêts matures et coléoptères : inventaire de deux peuplements à l’île d’Orléans, Québec a été menée de bout en bout en solo par l’étudiant de 25 ans qui œuvre au Centre de foresterie des Laurentides près du campus de l’Université Laval.

« J’ai commencé par planifier l’inventaire des forêts à maturité et les ressources matérielles, notamment l’installation de pièges hors et sous terre. J’ai ensuite déterminé les intervalles de récoltes de coléoptères, effectué le tri, pour finalement procéder à l’identification, au montage de la collection de référence du projet.

Source : Leclerc, Ludovic. Forêts matures et coléoptères : inventaire de deux peuplements à l’île d’Orléans, Québec. Le Naturaliste canadien, Volume 148, numéro 2, automne 2024, pages 9–15.

Répertoriés en près de 5 000 espèces au Québec, les coléoptères consistent en un groupe très diversifié d’insectes qui, collectivement, constituent l’ordre des coléoptères (du grec koleos, qui signifie « fourreau », et ptera, « ailes »). Ainsi nommés en raison de leurs ailes antérieures durcies, dissimulant une seconde paire d’ailes servant au vol, les coléoptères comptent plus d’espèces connues que tout autre groupe comparable d’êtres vivants. On dénombre environ 380 000 espèces de coléoptères sur la planète, ce qui représente environ 40 % de l’ensemble des insectes connus. – Encyclopédie canadienne

Vignette : Ludovic Leclerc a aussi effectué des recherches dans des forêts du parc national de la Mauricie. Aucun cliché de lui n’a été pris puisqu’il a travaillé seul dans les deux forêts de l’île d’Orléans. ©Ludovic Leclerc

Précédent

Petit Sommet d’ICÎ le 28 mars 2025

Suivant

Chronique Curiosité de l’île d’Orléans : Fort des Hurons

One Comment

  • Bravo, M. Ludovic,
    Il serait intéressant un jour, lorsque vous auriez du temps libre de vos .étudess, de prononcer une pretite conférence à Ste-Famille (gymnase) ou ailleurs sur l’île sur la nature et le rôle des insectes sur les forets, agriculture, et les propriétés des residents, dans le but de nous sensibiliser à ces petits habitants du monde.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture