C’est avec émotion que je vous adresse cette ultime chronique, chers voyageurs de mes mots. Cela fait maintenant cinq mois que je séjourne au Pérou dans le cadre de mon mandat comme agente de conservation volontaire au Sanctuaire National des Lagunes de Mejía.
Valise à la main et le cœur serré, je troque à présent le lieu m’ayant fait vivre tant d’émotions pour le confort du retour à la maison. Je ne pourrais vous expliquer mon état d’âme actuel : bien que je brûle d’envie de retrouver mes êtres chers, j’éprouve tout de même une certaine affliction, car je viens à peine d’entamer la phase de confort dans mon pays d’accueil.
Pendant les derniers mois, les choses sont tranquillement simplifiées : mon espagnol s’est considérablement amélioré, les habitants du village ont commencé à me reconnaître et à me saluer, et je me suis même fait mes premiers amis volontaires. Je me suis aussi évadée dans plusieurs régions du Pérou avec mes vieux. Du Machu Picchu à la vallée de Colca, le temps a filé à une vitesse incroyable avec ma famille.
La visite de mes parents m’a permis de remettre les choses en perspective, et leur soutien m’a véritablement galvanisée pour la suite de mon mandat. Après leur départ, il a commencé à faire plus chaud là où je vis et une charge de travail plus importante m’a gardée occupée.
Cette aventure m’a appris plusieurs choses : de l’espagnol à la conservation de milieux humides, jusqu’à la culture péruvienne, j’en ressors grandement enrichie. Surtout, ce périple unique se traduit par un avancement personnel incroyable. Il a élargi mon regard sur la vie et m’a donné envie d’apprécier davantage ces petites choses qu’on croit acquises. J’ai complètement quitté ma zone de confort en m’éloignant de ce qui me fait sentir chez moi : ma famille.
Pour les futurs voyageurs du monde, sachez qu’une personne ne peut pas se préparer totalement à laisser derrière tout ce qu’elle connaît du jour au lendemain. Partir seul, loin de ses repères, c’est comme ouvrir un livre dont on ignore la fin : chaque page réserve sa surprise. Et je peux déjà vous révéler l’épilogue : vous vous découvrirez comme jamais auparavant.
Pour les intéressés, d’autres volontaires et moi ferons une présentation concernant nos expériences le 14 novembre prochain. Contactez-moi par courriel pour les détails.
Merci à l’ONG L’AMIE, porteuse du projet, à Québec sans frontières, ainsi qu’au ministère des Relations internationales et de la Francophonie pour cette opportunité.
Vignette : Mia et ses parents devant une merveille du monde. © Collaborateur

Mia devant la vallée de Colca. © Valeria Berarducci

Mia et ses amis. © Collaborateur


