Pour reconnaître et préserver un paysage, il faut d’abord comprendre son implantation. Le système qui a laissé le plus de traces visibles sur le territoire québécois est sans contredit le système seigneurial. La majeure partie du paysage du Québec est façonnée par ce type de division des terres où le seigneur, qui avait l’obligation de peupler sa seigneurie, concédait à chaque colon une parcelle de terre étroite et allongée donnant accès au fleuve ou à une rivière, principaux moyens de communication de l’époque.
À n’en pas douter, l’île d’Orléans constitue un très bel exemple de ce type de division des terres qui a été représenté sur différentes cartes d’époque.
Cependant, comme beaucoup de choses, les temps changent. Ces terres, souvent balisées par des clôtures de perches, permettaient une lecture assez précise du type et du nombre de propriétés agricoles. Mais de nos jours, les pratiques agricoles ne sont plus les mêmes : les animaux ne sortent plus des bâtiments, les clôtures ont disparu, les petites propriétés agricoles ont été achetées par les plus grandes. Bref, la lecture du système seigneurial devient de plus en plus difficile.
Heureusement, l’île d’Orléans fait partie des quelques endroits où il est encore possible d’admirer ces magnifiques terres étroites et allongées ayant toutes un accès au fleuve. Du haut des airs, il est possible d’observer ce paysage caractérisé par le système seigneurial. Qu’il est grisant d’avoir encore accès à un paysage issu d’une autre époque !
Vignette : Le système seigneurial se caractérise par des terres longues et étroites perpendiculaires au fleuve. © Collection privée de Pierre Lahoud


