« Faut savoir tirer sur le frein à main pour ne pas se ramasser dans le mur » – Stéphane Gendron

Lorsqu’une personne vit une détresse psychologique, elle ne doit pas hésiter à en parler et à consulter les ressources existantes afin de ne pas en venir à un geste fatal.

Voilà l’essence du message livré par l’ex-politicien et animateur de radio et de télévision, Stéphane Gendron, lorsqu’il a présenté une conférence sur la santé psychologique en agriculture, le 8 octobre, à l’Espace Félix-Leclerc.

En présence de 40 personnes, dont des agriculteurs de la Capitale-Nationale, de Portneuf et même de la Beauce, le réalisateur du documentaire La détresse au bout du rang est venu témoigner avec sincérité de son propre parcours face à la détresse psychologique et de la façon dont il a retrouvé un équilibre de vie. Son témoignage se voulait une source d’inspiration pour les producteurs agricoles qui, au quotidien, doivent conjuguer avec les défis du travail et de la vie personnelle.

« Il faut savoir tirer sur le frein à main pour ne pas se ramasser dans le mur », a lancé l’ex-maire de Huntingdon, de 2003 à 2013, dans le langage coloré qui a fait sa réputation.

Rappelant que la détresse psychologique peut toucher tout le monde, à n’importe quel âge, M. Gendron a mentionné que les hommes constituent la très grande majorité des personnes victimes de cette problématique.

Lui-même producteur agricole d’une ferme de petite envergure, il a consulté à deux reprises pour s’en sortir. Sa conjointe et lui en étaient même venus à un pacte de suicide.

« Comme producteur agricole, tu règnes sur ton domaine mais en dedans, tu shakes. Il n’y a pas une job qui vaut une vie. Rien ne vaut une vie », a-t-il déclaré.

« J’étais comme le Roadrunner au bord du précipice. J’ai été cherché des outils pour m’en sortir. Il faut trouver des façons de mettre de l’ordre dans sa vie. Il faut sortir de l’univers de la ferme », a ajouté M. Gendron qui s’en va en Ontario pour se changer les idées.

Spécifiant que de 10 à 15 suicides d’agriculteurs surviennent chaque année au Québec — sur environ 1 100 décès par suicide recensés dans la province — Stéphane Gendron avance qu’il n’est pas nécessaire de passer sa vie en agriculture, si on est malheureux.

Avenir sombre

Auteur de cinq documentaires, Stéphane Gendron entrevoit un avenir sombre pour le milieu agricole. Il croit que les facteurs de détresse psychologique vont décupler au cours des prochaines années. L’acquisition de terres québécoises par des géants américains — et non chinois, précise-t-il — ainsi que l’intégration des marchés entraîneront notamment de la détresse chez des agriculteurs québécois.

Stéphane Gendron avait été invité par la Fédération de l’UPA de la Capitale-Nationale–Côte-Nord dans le cadre d’une activité spéciale sous le thème Santé psychologique en agriculture : une pause pour en discuter.

Cet événement se voulait un moment de sensibilisation, de partage et de ressourcement pour le milieu agricole. Myriam Lachance, travailleuse de rang pour la Capitale-Nationale–Côte-Nord au sein de l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA), a rappelé son rôle d’accompagnement auprès des familles agricoles et a présenté des outils pour reconnaître les signaux d’alerte et demander de l’aide en temps opportun.

L’activité s’est conclue par un spectacle alliant cirque et musique, avec le groupe Austarda et l’artiste Jade-Emmanuelle Amyot.

Vignette : Stéphane Gendron a présenté sa conférence à 40 personnes à l’Espace Félix-Leclerc. © Marc Cochrane

Photo : Marc Cochrane

Vidéo : Conférence de Stéphane Gendron

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