20 juillet 2017. C’était la soirée de la relève à Musique de chambre à Sainte-Pétronille (MCSP). De la fébrilité dans l’air! On attend toujours avec curiosité et excitation ces jeunes musiciens, même si on sait à l’avance qu’ils vont nous ravir, sachant le flair de György Terebesi qui occupe le poste de directeur artistique depuis 34 ans. Ce que n’a pas manqué de souligner Jacques Grisé, président de MCSP, dans sa présentation de la soirée lorsqu’il nous a annoncé le départ de M. Terebesi et son remplacement par M. Marc Roussel.
La carrière de György Terebesi
Né et ayant étudié le violon à Budapest, M. Terebesi se perfectionne à Paris pour occuper ensuite le poste de premier violon dans les orchestres de Munich et de Frankfurt. Installé au Québec depuis 1981, il enseigne le violon à l’université Laval et contribue, en 1983, à la fondation de Musique de chambre à Sainte-Pétronille où il occupe depuis lors le poste de directeur artistique. On lui doit, à lui et à sa compagne Sophie, le choix des artistes de plus de 200 concerts.
Le nouveau directeur artistique Marc Roussel
Le pianiste Marc Roussel a fait ses études au Québec, à l’École de musique de Sept-Îles, au cégep de Sainte-Foy et à l’Université Laval. Il s’est par la suite perfectionné à Dresde, en Allemagne. Il s’est montré particulièrement actif comme interprète, compositeur, pédagogue et membre de jurys.
Au moment de sa nomination, il était déjà depuis quelque temps administrateur de MCSP. On dit de lui que ses expériences multiples et ses nombreux contacts dans le domaine musical en ont fait le candidat idéal à la succession de M. Terebesi. Le flambeau se trouve entre bonnes mains!
Le programme musical de la soirée de la relève
Ils étaient trois: Charlotte Paradis, altiste, et les pianistes Mathieu Vaillancourt et Bruce Gaulin-Boilard. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas choisi la facilité.
Les deux premiers nous ont offert en première partie, entre autres, une sonate pour alto et piano de Brahms où les deux partenaires ont joué de connivence autant dans la grâce et l’élégance nostalgiques, particulièrement dans le premier mouvement, que dans des envolées plus énergiques du second.
Avec Bruce Gaulin-Boilard, c’est un véritable espace musical qui se crée sous nos yeux… enfin, pour nos oreilles. En ordonnée: trilles, volutes et arabesques nous élèvent; en abscisse: la calme, mais parfois vive ballade de la Polonaise-Fantaisie de Chopin. Enfin, pour clore l’espace, le musicien affronte la troisième dimension dans le choix qu’il a fait de s’attaquer à la «monstrueuse accumulation de passages difficiles» du Prélude et Fugue de Marc-André Hamelin.
Comme le laissait entendre récemment le journaliste du Devoir Christophe Huss[i], le Québec n’est-il pas en train de devenir une véritable pépinière de talents musicaux? Mais pour ce faire, il leur faut des lieux pour se faire entendre et apprécier; et MCSP y contribue de belle façon!
[i] Christophe Huss, La méticuleuse recherche de talents musicaux de demain, Le Devoir, 15 juillet 2017.


