Agrile du frêne: un petit insecte qui cause de gros dommages

L’Asie n’est pas seulement responsable du coronavirus. Depuis 2017, un petit insecte en provenance de ce continent cause bien des dommages dans la région de la Capitale-Nationale : l’agrile du frêne. Comme il devient urgent d’agir pour retarder sa progression et limiter ses impacts en milieu agricole, deux rencontres d’information ont eu lieu, le 3 février à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans et le 6 février à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans.

Dans le cadre du programme Prime-Vert financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Emmanuelle Boulfroy, du Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO), et Andréanne Hains, du Conseil de bassin de la rivière du Cap Rouge (CBRCR), ont avisé les insulaires présents que cet insecte ravageur peut décimer des populations entières de frênes en quelques années seulement.

Arrivé en Amérique du Nord en 2002 (Detroit et Windsor), l’agrile du frêne est aujourd’hui dispersé dans 35 états américains et cinq provinces canadiennes, dont le Québec.

« Les frênes jouent un rôle important pour les producteurs agricoles puisqu’ils servent notamment de haies brise-vent. Cette essence était aussi très utilisée dans le passé dans la plantation de bandes riveraines. Il est donc essentiel de détecter l’agrile pour éviter sa propagation », a affirmé Mme Hains.

Un spécimen typique de l’agrile présente un coloris bleu vert émeraude, brillant et métallique. Il mesure entre 0,85 cm et 1,4 cm de longueur. Son cycle de vie dure une ou deux années, dépendamment du moment de l’éclosion des adultes.

L’agrile pond ses œufs dans les fissures de l’écorce du tronc et des branches, de mai à août. De juin à octobre, la larve creuse des galeries en « S » sous l’écorce en se nourrissant de la partie verte des branches. Son hibernation s’étend de novembre à mars, sous l’écorce. L’émergence des adultes se produit de mai à août.

Comment reconnaître l’infestation ?

On peut reconnaître un arbre infesté par l’agrile en observant la cime et en descendant vers le bas du tronc. Au début d’une infestation, peu d’indices laissent entrevoir la présence de l’agrile. Lorsque les signes et les symptômes sont bien visibles, l’arbre est déjà infesté depuis quatre à sept ans. Un arbre peut périr trois à sept ans après l’infestation initiale.

Comme agriculteur, il faut donc planter une autre essence à côté d’un frêne par prévention si la cime est en parfaite santé. Dès que 10 % de la cime montre des signes d’éclaircissement et que la présence de l’agrile est confirmée, il faut encore planter une autre essence à côté et informer la municipalité.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments rappelle qu’il est interdit de déplacer le bois de chauffage et tout produit du frêne hors de la zone réglementée.

Le programme Prime-Vert entend installer 13 pièges à agrile, fin mai début juin, à l’île d’Orléans. Les relevés seront effectués à la fin août. Pour plus d’informations : CERFO, 418 659-4225 poste 2506 ou CBRCR, 418 641-6413 poste 2969.

Précédent

L’Historien volant récompensé pour sa contribution à l’histoire du Québec

Suivant

Opinion du lecteur: L’île d’Orléans est aussi en confinement

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture