Claude Poulin
La Galerie 3, rue Saint-Vallier, à Québec, a présenté, au cours de février et de mars, une intéressante exposition intitulée Saint-Déluge-de-la Consolation du peintre et artiste multidisciplinaire autrefois résidant de l’île d’Orléans, Martin Bureau. Bien que l’exposition ait porté sur la destruction du bâti religieux, elle a fait prendre conscience à quel point la conservation du patrimoine est importante partout au Québec.
Capsule
Plusieurs insulaires, particulièrement ceux habitant Saint-Jean, se souviendront de cet artiste qu’ils surnommaient affectueusement « le peintre », en parlant de lui. L’artiste en conserve un beau souvenir ayant habité cette municipalité pendant 16 ans dans les années 2000.
Dans cette exposition, le peintre Bureau a parcouru les chantiers de destruction d’églises à Québec, les a prises en photo et a créé des aquarelles magnifiques et puissantes. Elles donnent un sens aux gestes posés par des humains sans se soucier de cette mémoire enfouie qui se perd dans la démolition. L’artiste a d’ailleurs lié la notion d’anthropocène, ère géologique qui constate l’impact permanent de l’activité humaine sur l’évolution des écosystèmes terrestres, à la destruction du patrimoine et de la culture québécoise.
Outre les églises, à Québec, on a détruit, ces dernières années, plusieurs maisons patrimoniales. Des trésors historiques perdus à jamais.
Capsule : Martin Bureau a également produit une série de tableaux, en 2006, où l’on voit l’église de Saint-Jean.
Le patrimoine, un objet de fierté
L’exposition nous rappelle qu’il faut toujours rester vigilant pour ne pas perdre d’autres lieux patrimoniaux importants. C’est le cas aussi à l’île d’Orléans.
Selon l’inventaire du site de la MRC de L’Île-d’Orléans, on compte actuellement quelque 800 bâtiments patrimoniaux, dont le plus vieux est le seul manoir du régime seigneurial français au Québec, le Manoir Mauvide-Genest, construit en 1734.
Bref, comme le dit si bien l’historien Michel Lessard dans un très beau texte qu’il a publié dans Le Devoir le 11 août 2016 : « L’île d’Orléans, le souffle du pays, l’île est un musée à ciel ouvert. » Pas étonnant que des visiteurs et touristes viennent nombreux chaque année pour admirer les paysages, les sites historiques et profiter non seulement des fruits et des légumes qui poussent en abondance, mais aussi des produits du terroir à saveur unique.
Le patrimoine de l’île d’Orléans doit demeurer un objet de fierté et une valeur importante pour tous les Québécois. Sur ce point, Michel Lessard a bien raison de dire que cet héritage est important. Et la conclusion de son texte en témoigne : « Il faut écouter et réécouter l’émouvante chanson Le tour de l’île, de Félix Leclerc, qui parle directement au cœur pour vibrer au rythme de cette terre sacrée protégée des dieux depuis des millénaires et berceau d’une civilisation originale pleine d’énergie. »



