Ce mois-ci, concentrons-nous sur une famille fondatrice de l’île d’Orléans qui a donné au Québec une riche descendance qui s’est démarquée au fil des siècles. Parlons d’Émery Blouin dit Laviolette. L’aventure de ce pionnier débute en 1640, alors qu’Émeri Blouin se fait baptiser, le 26 avril, à Saint-Pierre, Étusson, dans le Poitou.
Ses parents sont André Blouin et Françoise Bonin. Fait intéressant pour les chercheurs, lors de son baptême, sa mère est dite Françoise Touzelet. Deux autres frères aînés sont aussi baptisés dans la même paroisse, Pierre (1635) et Jehan (1638).
Nous en savons peu, voire rien, sur la vie que ce pionnier mena en France. Il est possible de penser qu’il ne soit pas allé à l’école puisque dans sa première mention au pays, en 1664, il déclare ne savoir ni écrire ni signer.
Il serait arrivé au pays possiblement en 1664 sur l’un des deux navires qui accostèrent en Nouvelle-France cet été-là, soit L’Aigle blanc de Flessinque ou Le Noir d’Amsterdam.
Il aurait débarqué dans le Nouveau Monde comme plusieurs habitants connus sous le nom d’engagés aussi appelés les trente-six mois. Ces derniers, souvent recrutés par des religieux ou des seigneurs, arrivaient au pays dans l’optique de travailler pour leur recruteur pour une période de trois ans, logés, nourris, blanchis et le voyage d’aller offert. Ce système offrait de la main-d’œuvre à une toute jeune colonie tout en donnant une possibilité d’emploi à des paysans de France à qui peu d’options étaient offertes. Difficile de savoir ce qu’Émery Blouin a fait pendant son temps en tant qu’employé puisque, malheureusement, sa présence est omise dans les recensements de 1666 et 1667, bien qu’il ait été au pays.
Après les 36 mois, plusieurs décidèrent de rester dans la colonie et se virent offrir une terre. Ce fut évidemment le cas de notre protagoniste. C’est le 2 juin 1667 qu’il reçoit une terre de trois arpents de front à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, concédée par Monseigneur de Laval, seigneur de l’île à cette époque. Ces trois arpents s’ajoutent à ceux qu’il possède déjà tout à côté. Ainsi, cela lui donne une terre de six arpents de front, ce qui est considérable. En 1689, Émery Blouin acquiert la terre de trois arpents de Simon Rochon, tout près de sa résidence, totalisant neuf arpents pour ses avoirs.
C’est en 1669 qu’il rencontre celle qui deviendra sa femme, Marie Carreau. Cette dernière est l’aînée de Louis Carreau et Jeanne Lerouge, famille pionnière établie sur la Côte-de-Beaupré. Née le 20 et baptisée le 21 mars 1655 à Québec, cela lui donne 14 ans au moment du mariage, ce qui peut nous sembler révoltant, mais était coutumier à cette époque. Le 30 novembre 1669, dans une petite chapelle de L’Ange-Gardien qui, à l’époque, faisait partie des registres de la paroisse de Château-Richer (celui de L’Ange-Gardien n’ouvre que l’année suivante), les nouveaux mariés unirent leur vie jusqu’à ce que la mort les sépare, ce qui arrivera 38 ans plus tard.
Le couple accueillera leur première bambine le 5 janvier 1671. De leur union, 14 enfants naîtront. Outre trois enfants que le couple perdra avant l’âge 10 ans, 11 se marieront et auront une descendance, leur laissant le vénérable chiffre de 101 petits-enfants !
Au recensement de 1681, le couple possédait un fusil, sept bêtes à cornes et 15 arpents de terre en culture. Après avoir défriché, labouré et habité sa terre, le couple fait donation à leur fils Jacques de deux arpents de front n’ayant aucun bâtiment, mais 16 arpents de terre « à la charrue ».
Émery Blouin meurt et est enterré à Saint-Jean le 14 juillet 1707. Sa femme le suit 15 ans plus tard, alors qu’elle décède le 10 et est enterrée le 11 février 1722 dans sa paroisse d’accueil.
Encore aujourd’hui, les Blouin se démarquent à l’île d’Orléans. Pensons à la sucrerie Blouin, à la scierie Blouin (maintenant devenue De Bois Blouin), à la boulangerie de Sainte-Famille, fondée par Léger Blouin en 1917 et reprise par son fils, George-Henri Blouin, aussi connu pour être l’un des cofondateurs de la Fondation François-Lamy ! Ce ne sont là que quelques exemples de ces Blouin qui se sont illustrés sur l’île.
Plusieurs lieux de recueillement existent pour les descendants de ce pionnier qui désirent les visiter. Un premier, en France, dans l’église de Saint-Pierre, à Étusson, et l’autre à Saint-Jean de l’Île-d’Orléans, au 4174, chemin Royal. Pour en savoir plus sur votre ancêtre, n’hésitez pas à m’écrire àinfo@fondationfrancoislamy.com



One Comment
is Emery Blouin’s middle name Mederic?