Lorsqu’il a décidé de faire une randonnée en raquette le long des berges, à Saint-François, le 24 février, Jean Tremblay ne pensait pas qu’il se transformerait en sauveteur de chien en danger de mort. Au péril de sa vie, le retraité de Sainte-Famille n’a pas hésité un instant pour grimper dans la falaise très à pic et ainsi se faire une admiratrice pour toujours en la personne de la propriétaire d’Oskar, le berger allemand de Nathalie Marcouiller.
En début d’après-midi, M. Tremblay a aperçu une dame en détresse. En prenant sa marche quotidienne avec son chien de huit mois, elle venait de le voir disparaître dans la falaise et n’arrivait plus à le localiser.
« À environ 2,5 km au sud du Camping de la Pointe, il y a un magnifique point de vue sur le fleuve et les îles Madame et au Ruau. Je m’y arrête toujours pendant qu’Oskar m’attend dans le chemin principal. Mais cette fois, il a décidé de se coucher près de la falaise. Il s’est mis à ramper, apercevant quelque chose. C’est alors qu’il est tombé dans le cap, une quinzaine de pieds plus bas. Sa chute a été bloquée par une roche en escarpement et des branches. Je le voyais à peine et il pleurait », a raconté Mme Marcouiller, qui réside à Saint-François.
Elle s’est mise à l’appeler, mais la bête n’a jamais bougé, effrayée. Elle a décidé de descendre le long du fleuve, une marche de 15 minutes dans un sentier très enneigé.
« Je ne le voyais pas. Je l’ai entendu et suis revenue sur mes pas. J’ai essayé de grimper mais je n’étais pas capable », a mentionné Mme Marcouiller.
C’est alors que M. Tremblay est entré en scène. Il a pu démontrer ses aptitudes en escalade et a localisé le chien.
« J’ai aperçu la dame. J’ai enlevé mes raquettes et je me suis mis à grimper une pente très à pic en m’agrippant après des branches. J’ai fini par me rendre au chien. Je l’ai flatté pour le mettre en confiance. J’ai tiré dessus par son collier, ça ne marchait pas. J’ai continué à jaser avec lui. Il a fini par se coller sur moi. Je l’ai poussé par les fesses. Ce n’était pas évident car il pesait 90 livres. Il s’est appuyé une patte sur une branche et s’est donné un allant pour grimper jusqu’en haut de la falaise », a précisé M. Tremblay.
Le sauveteur est par la suite remonté pour se faire sauter dessus par un chien reconnaissant qui lui a léché les lunettes.
Mme Marcouiller a remonté à son tour, ramenant les raquettes et les bâtons du héros du jour.
« Il m’a sauté dessus à mon tour. Il pleurait, mais cette fois de joie. On a fait un échange : les raquettes contre le chien ! », a affirmé une propriétaire plus que reconnaissante envers son bon samaritain.
Le geste de M. Tremblay lui a valu une bouteille de cidre, du foie gras et de la gelée d’un producteur de l’île en remerciement pour son exploit.
L’opération de sauvetage a dû durer environ une heure. Le stress était à son maximum pour tous, mais avec un dénouement heureux.
La conjointe de Jean Tremblay, Claudine, a reçu une alerte de l’appareil Garmin de M. Tremblay, le localisant. Cet appareil signale les dangers.
« C’était la première fois que Jean allait marcher dans ce coin, cet hiver, et la dame a été bien chanceuse de « tomber » » sur une personne agile, tant physiquement « qu’animalement », si je puis m’exprimer ainsi. Et considérant l’âge de mon conjoint, je trouve l’exploit encore plus grand. Tout cela a évité un appel aux secours d’urgence, un long temps d’attente, du stress supplémentaire et une facture probablement salée », a souligné Mme Tremblay, par courriel.


