La Grande débandade
De Pierre Tourangeau, publié aux Éditions Québec Amérique, La Grande débandade estun roman flirtant avec le polar qui se déroule dans le paysage québécois. Il puise dans le contexte politique et social des 30 dernières années du 20e siècle et reflète les mœurs de l’époque… y compris le machisme ambiant. À l’aube des années 1980, un jeune journaliste hyperactif enquête sur des scandales sexuels à l’Assemblée nationale du Québec au moment où se prépare un référendum sur l’indépendance.
Il tente aussi de reconquérir une femme qui l’a largué six ans plus tôt, lassée de son inconstance chronique et de ses infidélités. Des personnages truculents défilent dans La Grande débandade : un directeur de la sécurité dépressif qui protège des députés délinquants, un jeune ministre gay harcelé par un animateur vedette de la radio, un inspecteur de police aguerri qui traque un réseau de prostitution juvénile, des policiers véreux et abuseurs, des journalistes pas toujours à la hauteur… Le tout, sur fond de débat référendaire qui s’éternise. Cela vous dit quelque chose ?
Les ressemblances sont frappantes avec des événements qui se sont réellement produits, mais l’auteur assure que tous les éléments de ce récit sont de son cru. Dans ce roman grinçant, décapant, se glisse un questionnement dévastateur sur la nature du pouvoir et la quête de puissance de nos dirigeants. Se dessine aussi une réflexion sur les mécanismes du désir et de la conquête amoureuse. La Grande débandade est le cinquième roman de Pierre Tourangeau.
Intox – Journalisme d’enquête, désinformation et « cover-up »
De Michel Lemay, publié aux Éditions Québec Amérique, c’est un essai d’un vétéran du domaine des communications qui fréquente et observe la presse depuis une trentaine d’années. Intox lance un pavé dans la mare à l’heure où le public a perdu confiance envers les médias traditionnels, notamment depuis les deux dernières années. Médias subventionnés, manquements à la déontologie, manque de rigueur, absence de neutralité, tout cela contribue à créer un malaise grandissant chez les gens qui recourent de plus en plus aux médias sociaux pour s’informer ou aux tribunes indépendantes financièrement comme Libre Média.
D’entrée de jeu, Michel Lemay se demande si l’industrie de l’information mérite la confiance du public. Poser la question, c’est un peu y répondre. Bien qu’il reconnaisse le travail des journalistes rigoureux, l’auteur braque les projecteurs sur les reportages fautifs qui ont été tolérés, voire vigoureusement défendus. Qu’on pense aux journalistes de TVA qui n’hésitaient pas à déprécier une certaine catégorie de la population en lui accolant des étiquettes dévalorisantes et caricaturales.
Bien qu’ils aient été blâmés, jamais ils ne se sont amendés. Pour l’auteur, il est temps de revoir le fonctionnement et les pouvoirs des conseils de presse. Il est temps également que les journalistes reviennent à davantage d’indépendance et d’autonomie afin de livrer au public des articles sans parti pris, pour montrer ce qu’ils peuvent faire de leur liberté.



