Témoin privilégiée du référendum de 1995, Lisette Lapointe a vécu cette période charnière de l’histoire du Québec aux côtés de son époux, alors premier ministre du Québec, Jacques Parizeau. Cette époque, comme les autres moments forts de sa vie, est racontée dans son livre De combats et d’amour qu’elle est venue présenter le 10 septembre à l’Espace Félix-Leclerc.
En présence d’une vingtaine de personnes, dont ses ex-collègues Rosaire Bertrand, Jean-Martin Aussant et Robert Fillion, l’ex-enseignante, députée de Crémazie de 2007 à 2012 et mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard a confié avoir toujours été passionnée par l’écriture et le journalisme. Ses parents lui ont toutefois conseillé de ne pas embrasser ces carrières.
L’autrice, qui a célébré ses 83 ans le 13 septembre, a pu réaliser son rêve il y a quelques années avec le sentiment du devoir de mémoire, de poser un regard sur le chemin parcouru, tant par elle-même que par la société depuis les années 1960.
« J’ai conservé des caisses de notes qui m’ont permis de me rappeler des conversations, même après toutes ces années. Une rencontre avec Victor-Lévy Beaulieu m’a incitée à écrire sur ma vision d’un personnage au cœur de l’histoire », raconte la native de Montréal.
À travers 496 pages, Lisette Lapointe se remémore la Révolution tranquille, sa carrière d’enseignante, son implication en politique provinciale et municipale, ainsi que ses batailles pour faire condamner l’homme en état d’ébriété qui a gravement blessé son fils Hugo au volant d’une moissonneuse-batteuse et pour empêcher Hydro-Québec d’implanter une ligne de haute tension de 13 km dans la montagne de Saint-Adolphe-d’Howard.
À ce parcours s’ajoutent 20 années consacrées à améliorer les conditions de santé et de sécurité des travailleurs de l’automobile, ainsi qu’une longue lutte juridique pour faire reconnaître les droits des victimes de crimes de la route.
Des joies et des peines
Interviewée par l’adjointe à la direction de l’information au Journal de Québec, Karine Gagnon, Lisette Lapointe a mentionné avoir beaucoup pleuré, mais aussi ri en rédigeant ses mémoires. Elle a d’ailleurs tenu à lancer son premier ouvrage en 2025, 30 ans après le référendum de 1995 et 10 ans après le décès de son mari, en 2015.
« Cela a été très dur de revivre les moments de la défaite du référendum. Un passage très difficile pour Jacques qui était indigné par les irrégularités survenues durant la campagne référendaire. J’ai passé aussi de beaux instants en me rappelant mon histoire d’amour avec Jacques, mon partenaire de vie et de travail durant les 500 jours où il a dirigé les destinées du Québec », souligne Mme Lapointe.
Elle précise que son livre ne constitue pas un règlement de comptes, mais vise à remettre les pendules à l’heure.
« Je dis la vérité. Je suis un livre ouvert. C’est ma vie. Partout où je suis passée, j’ai reçu de belles doses d’amour durant ma tournée, qui dure depuis un an », affirme Lisette Lapointe avec sérénité.
Photo : Lisette Lapointe a dévoilé les grands thèmes de son livre lors d’une soirée animée par Karine Gagnon à l’Espace Félix-Leclerc. © Marc Cochrane




