Propriétaire depuis 37 ans de la ferme qui porte son nom, François Blouin a banni le mot « retraite » de son vocabulaire. Le producteur agricole de Sainte-Famille entend poursuivre son implication en transmettant son expérience et ses connaissances à ses enfants Francis et Julie-Ann, qui assurent la relève depuis une dizaine d’années.
L’Orléanais de 62 ans se réjouit que sa progéniture suive ses traces et celles de sa conjointe depuis 45 ans, Anne Pichette.
« Je veux continuer. Tant que ma santé va me le permettre, je veux aider mes enfants dans la gestion et la prise de décision », confie le fils de Donatien et de Thérèse.
Celui qui habite la maison ancestrale au sommet de la côte qui mène à sa propriété œuvre encore dans les champs. Après l’entrevue accordée au représentant d’Autour de l’île, François Blouin est monté à bord de son côte-à-côte pour se rendre à ses pommiers, où il a procédé à de l’éclaircissage manuel.
Diplômé de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec, à La Pocatière, François Blouin a été durement éprouvé lorsque son père est décédé. Il n’était alors âgé que de 13 ans.
« Durant quelques années, la ferme a vivoté. J’ai terminé mes études en 1984. J’ai travaillé comme représentant sur la rive sud de l’entreprise de pesticides, d’engrais et de semences Semico. En 1989, j’ai fait l’acquisition de cette terre riche en potentiel. À ses débuts, la ferme se consacrait à une production modeste mais variée, incluant des fraises, des framboises, des pommes, des prunes et des pommes de terre », rappelle l’insulaire qui pouvait compter sur l’appui de sa conjointe et de membres de sa famille proche, lui qui compte trois sœurs encore en vie et un frère jumeau.
Au fil des ans, sous l’impulsion de sa vision et sa passion, la ferme a vu ses cultures de fraises, de framboises, et de pommes s’épanouir et prendre une place prédominante, tandis que la culture des pommes de terre a été délaissée au profit de l’innovation et de la diversification des produits.
L’embauche de travailleurs bosniaques, puis guatémaltèques, a permis à l’entreprise de rouler à fond de train. C’est à cette époque, il y a environ 35 ans, que les fermes québécoises ont commencé à faire appel aux travailleurs étrangers temporaires pour pallier les difficultés de recrutement de main-d’œuvre locale dans les champs.
« Dans cette dynamique d’expansion et de renouveau, nous avons introduit avec succès la culture des bleuets en corymbes et des asperges, enrichissant ainsi notre offre. Plus récemment, l’innovation a continué avec l’introduction des fraises à jour neutre, ou fraises d’automne », précise M. Blouin.
Au fil des ans, la Ferme François Blouin a ajouté des cordes à son arc. Exploitant un stand de fruits et légumes au Grand Marché de Québec, et même à l’époque du Marché Saint-Roch, l’entreprise familiale a ajouté, en 2023, en plein cœur du village de Sainte-Famille, un camion-restaurant : L’Îlot Festif, offrant des barbotines, des sorbets et de la crème glacée faits à partir de produits transformés par la Ferme François Blouin.
Impliqué dans son milieu
Quand on mentionne le nom de François Blouin, on pense immédiatement à son rôle de président de l’UPA de l’Île d’Orléans, qu’il occupe depuis 28 ans.
« Je suis là pour moduler les choses à mon goût », lance-t-il en s’esclaffant.
Plus sérieusement, il avoue apprécier que les gens partagent et s’entraident. Il peut ainsi défendre les droits de ses collègues.
Secrétaire-trésorier de l’UPA de la Capitale-Nationale–Côte-Nord, François Blouin est aussi le premier vice-président de l’Est-du-Québec des Producteurs de pommes du Québec.
« Un jour, je vais laisser mes fonctions au sein de ces organismes pour me concentrer sur le soutien à ma relève. Je veux aussi m’occuper de mes petits-enfants. Je m’en occupe déjà, mais je veux le faire davantage », confie le grand-papa gâteau de trois petites-filles.
Photo : François Blouin continue d’être actif sur sa ferme. Il procède ici à l’éclaircissage manuel de pommiers. © Marc Cochrane



