L’Union des producteurs agricoles (UPA) est soulagée de la décision du gouvernement canadien, qui a confirmé que les travailleurs étrangers temporaires (TET) pourront entrer au pays, malgré la fermeture de nos frontières.« Le gouvernement canadien a pris la bonne décision. Empêcher la venue de ces travailleurs aurait entraîné des conséquences désastreuses sur le secteur agricole, plus particulièrement horticole (fruits, légumes, etc.), mais surtout sur le coût du panier d’épicerie des Canadiens et des Canadiennes », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.
Le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, a confirmé aux médias aujourd’hui que « les étudiants internationaux, les travailleurs sous visa et les travailleurs étrangers temporaires pourront également entrer au Canada, à la condition de respecter la demande du gouvernement de s’isoler pendant 14 jours ».
L’UPA, l’Association des producteurs maraîchers du Québec, le Conseil de la transformation alimentaire du Québec et Sollio Groupe Coopératif ont indiqué ce matin qu’en raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole, la présence au Québec des quelque 16 000 TET en provenance du Mexique, du Guatemala et d’autres pays était essentielle à la filière agroalimentaire québécoise. Sans leur arrivée à partir du mois prochain, plus particulièrement dans le secteur horticole, la saison de production était compromise et ouvrait la porte à une explosion de la facture d’épicerie. C’est pourquoi une exemption était demandée pour ces travailleurs, accompagnée d’un protocole très strict pour encadrer leur arrivée.
L’UPA est actuellement en communication avec les autorités gouvernementales concernées pour obtenir tous les détails entourant l’annonce. Il est possible qu’un certain nombre de TET, compte tenu de la pandémie, ne puisse se rendre au Canada. La recherche de main-d’œuvre québécoise, par le biais des centres d’emploi agricole, est toujours en cours.
Les produits horticoles représentent environ 17 % du panier d’épicerie (près de 5 G$ par année) des Québécois. Le nouveau guide alimentaire canadien recommande de porter à 50 % la proportion de fruits et de légumes dans notre assiette.
Indispensables pour l’île d’Orléans
Selon la présidente de l’UPA Capitale-Nationale/Côte-Nord, Jacynthe Gagnon, la région de la Capitale-Nationale compte 100 producteurs agricoles qui procèdent à l’embauche de près de 1 100 TET, principalement de l’île d’Orléans.
« Depuis plus de 20 ans, que des TET œuvrent pas juste à la récolte, mais aussi aux semis et au repiquage des fruits comme la fraise afin que les Québécois puissent les savourer. Il s’agit d’un travail qui exige une résistance physique car c’est dur et les journées sont longues », a commenté Mme Gagnon.
« Les TET sont indispensables pour les producteurs agricoles. C’est pourquoi ils paient leur billet d’avion, les hébergent et les accompagnent pour faire leurs emplettes », a précisé Mme Gagnon.




Un commentaire
Je crois que c’est une très bonne décision, surtout pour l’économie de l’Île d’Orléans, mais en raison des contacts possibles avec nos citoyens il sera indispensable d’arranger les hébergements d’isolation pour les premières deux semaines et de permettre que les travailleurs puissent contribuer quelques choses utiles aux agriculteurs même au cours de leur quarantaine et que les contacts avec le reste du public soient bien contrôlés, comme il le faut. Les visites des travailleurs à la Caisse populaire, entre autres, pour déposer/transférer leur salaires, est une chose à arranger avec soin dans cette période, et même une semaine ou deux par après. Bonne nouvelle.