Comme dans le sport, l’agriculteur doit adopter une formule gagnante pour obtenir de bons résultats. Bon nombre d’agriculteurs de l’île d’Orléans appliquent cette devise en faisant appel à la stratégie de lutte intégrée.
Consistant en une approche basée sur l’expérimentation et l’observation, elle permet de gérer et de rentabiliser les cultures en harmonie avec l’environnement.
Selon François Blouin, propriétaire de la ferme du même nom, à Sainte-Famille, cette stratégie comporte cinq étapes qui se réalisent en collaboration avec un agronome, notamment.
« Le problème de l’agriculture, c’est l’agriculture. Lorsqu’on concentre la production d’une plante ou d’un animal dans un même endroit, les complications surviennent. On a adopté la biodiversité, mais ce procédé a ses limites », a commenté M. Blouin.
La première étape consiste à connaître ses ennemis. On ne parle pas de ses voisins ou de ses concurrents, mais bien d’insectes, de champignons ou de mauvaises herbes.
Une fois ce processus effectué, on doit essayer de faire de la prévention. M. Blouin se sert notamment de faux semis. Cette technique culturale se pratique avant le semis proprement dit et est destinée à réduire la pression des mauvaises herbes sur la culture à venir. Elle permet aussi de réduire le stock de graines du sol.
Planter des espèces plus tolérantes aux insectes, champignons ou mauvaises herbes s’avère une autre option.
Cruciale, la troisième étape de la stratégie de lutte intégrée est celle du dépistage. Elle demande l’embauche de beaucoup de monde pour visiter les champs. L’installation de pièges et la technique de frappe sont notamment utilisées.
M. Blouin peut se vanter de disposer d’un outil additionnel pour le dépistage: une station météorologique informatisée. Lors des pluies, des lamelles (rotorodes) recouvertes de colle captent les spores des champignons. La technique permet de savoir si les champignons ont atteint la maturité, si des infections sont en cour ou si elles sont terminées. Par la suite, les diagnostics sont posés et les interventions sont réalisées au besoin. On parle alors d’utiliser des herbicides, des insecticides, des nichoirs à oiseaux ou de procéder à du sarclage mécanique ou manuel.
Dans le cas des insecticides et des herbicides, les agriculteurs prennent soin de consulter les indices de danger pour la santé et pour l’environnement. « Il est important de noter que les produits bio ne sont pas nécessairement bons pour l’environnement », a souligné M. Blouin.
Une autre méthode connaît aussi du succès, notamment pour les pommes, soit la confusion sexuelle. Un diffuseur de senteur de la femelle insecte trompe le mâle ce qui évite la reproduction, donc la ponte.
La dernière étape consiste en un retour sur le site de production afin d’effectuer un suivi sur l’efficacité ou non des méthodes appliquées lors de l’étape précédente.
Grâce à la stratégie de lutte intégrée, la ferme François Blouin produit depuis plusieurs années des asperges, des fraises, des framboises, des bleuets, des pommes et des prunes.



