Les berges de Sainte-Famille et Saint-François les plus érodées à l’île

Des 101 km de berges à l’île d’Orléans, ce sont ceux de Sainte-Famille et de Saint-François qui ont le plus subi les effets de l’érosion qui s’étale sur 13 km.

Voilà ce qui ressort de la visioconférence gratuite présentée le 19 mars dernier par l’Association forestière des deux rives (AF2R). Selon l’organisme, l’érosion des rives du fleuve Saint-Laurent constitue une problématique qui génère des impacts négatifs pour l’humain, mais également sur les habitats fauniques et floristiques.

Réunissant 106 participants, la visioconférence portant sur le processus général d’érosion des berges, les causes, les conséquences et les pistes de solution s’inscrivait dans le projet de l’AF2R de conservation volontaire des milieux naturels. La démarche a comme objectif de sensibiliser les propriétaires privés de l’île d’Orléans à l’importance des milieux naturels qui les entourent. Plus spécifiquement, elle vise à protéger les habitats fauniques et floristiques, à préserver le paysage du fleuve Saint-Laurent et de l’île d’Orléans ainsi qu’à maintenir l’intégrité de l’écosystème du Saint-Laurent et de ses affluents.

« Si les berges sont davantage érodées dans le secteur nord de l’île plutôt que dans le secteur sud, c’est notamment en raison des protections qui ont été aménagées du côté sud, soit de l’enrochement ou des murs de béton ou de bois. À l’inverse, les milieux humides du côté nord ne sont pas protégés et la nature fait son œuvre », a commenté un des trois conférenciers qui ont procédé à l’étude des berges du fleuve Saint-Laurent sur 3 200 km, Jean-François Bernier.

Le professionnel de recherche en géographie de la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l’Université Laval, qui était accompagné des conférenciers et chercheurs en géographie Patrick Lajeunesse et Léo Chassiot, a soutenu que la végétation mixte, idéalement (herbacés, arbustes, arbres), ralentit l’érosion. La berge peut toutefois être fragilisée par la coupe d’arbres ou le remblaiement d’un terrain.

« L’érosion naturelle est provoquée par la hausse des marées entraînée par les changements climatiques. Si un terrain est remblayé, lors de la hausse des marées, le marais va migrer à l’intérieur des terres. On brise alors la résilience du marais maritime qui en vient à disparaître », a précisé M. Bernier.

Le conférencier a souligné que l’étude de caractérisation des berges du fleuve ne comportait pas de pistes de solution.

« Il faudrait des études plus poussées avec du personnel et des moyens financiers. Nous ne sommes toutefois pas fermés à étudier le chenal nord du fleuve à la hauteur du Cap Tourmente pour obtenir des pistes de solutions », a mentionné Jean-François Bernier.

La seconde phase du projet consistera à sélectionner huit secteurs typiques le long du Saint-Laurent pour effectuer un suivi à haute précision. Dans la région de Québec, la plage Jacques-Cartier et l’anse Tibbits, à Lévis, font partie des secteurs à l’étude.

L’équipe de recherche dirigée par Pascal Bernatchez et basée à l’Université du Québec à Rimouski a déjà fait une étude portant sur l’érosion dans le secteur de la Communauté métropolitaine de Québec.

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