Dr Paul Bonenfant accroche son stéthoscope au Centre médical Prévost

Celui qui considère comme un honneur d’avoir servi les gens de l’île d’Orléans durant 40 ans, Dr Paul Bonenfant cessera sa pratique au Centre médical Prévost le 1er juillet.

Dans un message qu’il a publié le 11 mai sur la page du babillard des insulaires de Facebook, le résident de Saint-Jean y est aller de remerciements bien sentis.

« Je tiens à remercier tous ceux et celles qui m’ont fait confiance durant toutes ces années. Les gens de l’île sont simples, honnêtes et respectueux. Le 29 juin 1981, trois jours après avoir obtenu mon diplôme de médecin de famille, la clinique prenait naissance à la pharmacie appartenant à Hugues Carmichael dans la route Prėvost. J’avais récupéré quelques dossiers médicaux du Dre Renée Turcotte qui avait réorienté sa pratique dans une autre province. Accompagné du Dr Clément Nolin et du Dre Suzanne Gagnon et en se partageant un seul bureau, sans système informatique, la clinique a pris son envol », a rappelé l’homme de 65 ans.

Issu d’une famille de médecins (son grand-père Alphonse Bonenfant et son père Jean-Louis Bonenfant), Paul Bonenfant a ajouté qu’en 1986, à la suite du départ du Dre Gagnon, Dre Brigitte Blouin venait s’y joindre. Quelques années plus tard, Dr Nolin a quitté la clinique pour travailler à Sainte-Foy et Dr Jean Proulx s’est ensuite joint à eux.

« J’ai commencé avec un crayon et un papier, sans ordinateur. Le goût de la médecine m’est venu du Dr Jean Côté, mon deuxième voisin à Saint-Jean. À 12 ans, mon idée était faite J’étais passionné par ses interventions à domicile et par son charisme extraordinaire. Il a marqué beaucoup de gens à l’île. C’est lui qui m’a appris à gérer les bons et les mauvais coups en médecine », a confié Dr Bonenfant.

Détenteur de plus de 3 000 dossiers de patients, il soutient que le défi était de taille à ses débuts.

« J’étais un gars de la place qui devait gagner la confiance des gens, Avec les années, j’ai fini par être accepté par les gens du milieu », a-t-il souligné.

Avec trois médecins totalisant 8 000 dossiers, l’histoire du Centre médical Prévost (nommé en hommage à l’ancien ministre Yves Prévost) est étroitement liée à celle de la pharmacie qui s’est agrandie avec l’arrivée de Pierre Perrault.

« Nous avions un point de service du CLSC Orléans qui malheureusement a dû être transféré au CHSLD à Saint-Pierre. La relève médicale fut très difficile. C’est le ministère de la Santé qui détermine chaque année le nombre de postes disponibles dans chaque région. L’île d’Orleans fait partie de la Côte-de-Beaupré et pour 2021, malgré mon avis de départ, seulement deux postes ont été attribués et ceux qui ont été choisis auraient préféré de ne pas venir à l’île. Soyez assurés que j’ai entrepris toutes les démarches nécessaires pour me trouver un remplaçant. Le dossier de la clinique est sur le bureau du ministre Dubé en attendant une réponse pour une dérogation spéciale pour les gens de l’île. Dr Jean Proulx, pour quelques années, et Dre Annie Laroche continueront leur pratique au centre médical », a commenté Dr Bonenfant.

Le médecin de famille précise que les postes s’avèrent durs à combler puisqu’avec le virage virtuel, les jeunes sont attirés par les grandes villes qui comptent des cliniques facilitant les vacances, un loyer moins coûteux et le sans rendez-vous.

Il considère que la prise de retraite n’est pas une décision facile.

« On réalise que les années passent très vite. C’est mon seul regret. Le temps nous rattrape autant que physiquement que psychologiquement. C’est à la fois un cadeau ainsi qu’un deuil à surmonter. La médecine a beaucoup changé, le virage informatique, l’arrivée des super cliniques avec la possibilité d’un accès plus rapide par le biais du sans rendez a eu comme conséquences la fermeture des petites cliniques de quartier. C’était peut-être la meilleure solution, l’avenir nous le dira ». a affirmé le père de trois enfants.

Propriétaire d’une fermette et d’une érablière à Saint-François, Dr Bonenfant entend aussi s’adonner au golf deux fois par semaine. Il pourrait ainsi se créer un réseau d’amis.

« C’est une montagne à surmonter. Je connais beaucoup de monde, mais je n’ai pas de réseau. C’est un choix que j’ai fait », a noté l’homme de type discret.

Son stéthoscope va encore lui servir car Dr Bonenfant entend continuer de pratiquer à la villa Bonenfant et à la Résidence Sainte-Famille ainsi qu’en effectuant des visites à domicile pour ses soins palliatifs, notamment.

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Un commentaire

  • Bonjour,

    Je viens de lire un article daté de Volume 26 | Numéro 1 – Janvier 2022 concernant le Dr Paul Bonenfant. J’aimerais communiquer avec lui par courriel. Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’envoyer son adresse courriel par fax au 418-828-0185 ?

    Merci beaucoup et bonne journée.

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