Pendant que leurs représentants de la Fédération de la santé et des services sociaux – Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN) disputent une partie de bras de fer avec le Conseil du trésor du Québec afin de renouveler leur convention collective échue depuis plus de deux ans, les 18 éducateurs et éducatrices en petite enfance du CPE Les Lucioles manifestent le long du chemin Royal, à Saint-Pierre, les 7 et 8 avril.
Selon leur délégué syndical, Sylvain Mathieu, ces journées de grève à l’échelle provinciale ont été ressenties jusqu’aux plus hautes instances du gouvernement.
« Notre syndicat nous a avisés que les journées de grève étalées sur trois mois (grèves perlées) ont eu un effet au Conseil du trésor qui n’est pas très à l’écoute », a déclaré M. Mathieu, éducateur en petite enfance au CPE Les Lucioles depuis 25 ans.
Les 13 000 employés des CPE du Québec faisant partie de la FSSS-CSN avaient débrayé un jour en janvier, trois en février en un en mars. Après une autre séance de piquetage les 2,3 et 4 avril, les syndiqués sont revenus à la charge en début de semaine.
« Nos moyens de pression se sont intensifiés. Le 20 mars, les membres de la FSSS-CSN ont voté à 91 % pour un vote de grève générale illimitée. Pour l’instant, les négociations se poursuivent entre les deux parties », a-t-il ajouté pendant que les automobilistes klaxonnent en signe d’appui.
M. Mathieu a précisé que les travailleurs et travailleuses des CPE veulent que le gouvernement comprenne qu’ils sont déterminés à améliorer leurs conditions de travail.
« Pendant qu’on lui parle de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe notre secteur, le gouvernement veut nous faire travailler encore plus. Le problème dans les CPE, ce n’est certainement pas qu’on n’en fait pas assez pour les enfants, c’est qu’on ne nous donne pas toutes les conditions pour effectuer notre travail. Comment expliquer que le gouvernement continue d’accepter une disparité de traitement entre le secteur des CPE et le secteur public? », se demande M. Mathieu.
Le soutien pour les enfants ayant des besoins particuliers et les disparités régionales font aussi partie des revendications des éducateurs et éducatrices en petite enfance.
Créé en 1981 dans le presbytère de Sainte-Pétronille par Hélène Blais et d’autres mères orléanaises puis déplacé en 2009 dans ses locaux actuels, le CPE Les Lucioles compte 64 places subventionnées dont une pouponnière de cinq enfants.
Selon La Presse, les CPE seront encore en grève du 14 au 16 avril.
Vignette : Une partie des employés du CPE Les Lucioles en train de manifester, le 7 avril, le long du chemin Royal, à Saint-Pierre. © Marc Cochrane


