Les murs de l’Espace F.-X.-Lachance célèbrent ce maître charpentier

C’était bien animé dans le village de Saint-Laurent le 17 mai dernier. La famille Lachance élargie et les nombreux passionnés de l’histoire maritime s’étaient donné rendez-vous pour célébrer un des leurs : Francois-Xavier Lachance (1897-1990).  L’événement soulignait le lancement du livre François-Xavier Lachance – Maître charpentier de marine, écrit par l’historien Martin Fournier. 

Quelque 80 personnes ont assisté à ce lancement à l’Espace F.-X.-Lachance, en présence des collaborateurs du projet : Gaétan Bouchard, directeur général du Musée maritime de l’île d’Orléans, Gilles Herman, directeur général de la maison d’édition Septentrion, de même que le petit-fils du maître charpentier, Jean-François Lachance, lui-même artisan du patrimoine.

Car l’histoire de son grand-père, qu’il a eu la chance de fréquenter à Saint-Laurent jusqu’à ses 20 ans, reste marquée dans cette municipalité. L’ancien presbytère nommé en son honneur et le Musée maritime de l’île d’Orléans, qui possède un bel héritage de l’artisan François-Xavier Lachance, en témoignent. 

Né à l’Île au Canot dans l’archipel de Montmagny, François-Xavier Lachance a hérité, sur cette île isolée, d’un savoir-faire ancestral en construction de bateaux en bois, transmis de génération en génération. Il déménage ensuite à Saint-Laurent pour travailler au chantier maritime de cette municipalité avant de se marier à une fille de la place et d’ouvrir sa chalouperie, lieu patrimonial occupé maintenant par la confiturerie Tigidou.

M. Lachance était non seulement un charpentier de marine recherché mais aussi un excellent navigateur. Il a tenu son commerce pendant plus de 50 ans avec une dizaine d’employés, construisant et réparant toutes sortes de bateaux, des canots, des chaloupes, des bateaux de plaisance, des yachts à voile et à moteur pour une clientèle d’un peu partout au Canada.

Artisan autodidacte, il a aussi apporté une contribution significative à l’effort de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), en construisant des chaloupes de sauvetage qui ont permis de sauver de nombreuses vies. Cela lui a valu, en 1958, une reconnaissance inattendue du gouvernement canadien, le Best Boat Builder in Canada. Ce maître charpentier est le dernier constructeur de bateaux qui a été en activité à Saint-Laurent.

Dans ce livre captivant, l’historien Martin Fournier* raconte son histoire en la situant dans le contexte de l’importance de la construction navale dans les localités riveraines du Saint-Laurent pendant trois siècles.   

Bref, sans l’apport de ces artisans d’exception, les déplacements sur le fleuve auraient été impensables. Et, sans le souci de Jean-François Lachance de conserver le précieux héritage de son grand-père — outils, maquettes, archives, chaloupes — il n’aurait pu être possible d’écrire ce livre et d’immortaliser son ancêtre !   

*Martin Fournier est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Septentrion, dont Jean Mauvide. De chirurgien à seigneur de l’île d’Orléans au XV111e siècle. 

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