Jacques Michel a quitté ce monde, le 5 mars, à l’âge de 84 ans, mais la musique, la voix et la plume de l’auteur-compositeur-interprète de Saint-Jean perdureront dans le paysage culturel québécois.
Ce porte-étendard de la musique québécoise qui a mené une carrière de plus de 60 ans est décédé à la suite d’un combat de trois ans contre la maladie.
Le prolifique musicien qui habitait à l’île d’Orléans depuis plus de 30 ans laisse un héritage riche de plus de 300 compositions dont les célèbres Un nouveau jour va se lever, Amène-toi chez nous, Chacun son refrain et Pas besoin de frapper.
Pas besoin de frapper a été intronisée au Panthéon des auteurs et des compositeurs canadiens. Une trentaine de ses pièces s’est retrouvée dans les palmarès francophones, de 1965 à 2005.
L’annonce de son décès a provoqué une imposante vague d’hommages dans les médias et sur les réseaux sociaux de la part de la colonie artistique et du monde politique, dont le premier ministre du Québec, François Legault.
Sur son compte Instagram, l’ex-Orléanaise Nathalie Simard a notamment rendu un vibrant hommage à celui qui a composé les chansons de l’émission de télé Le Village de Nathalie, de 1985 à 1989.
« Dans ma vie, tu as été une figure si importante. Une figure paternelle, fraternelle à la fois. Tu as été un mentor, un guide, toujours bienveillant, toujours juste. À travers tes conseils, à travers tes mots, tu as su m’accompagner. Tu as toujours su être présent… » Sur la scène orléanaise, le comité organisateur du Festival Île en musique de Saint-Jean lui a laissé un message sur sa page Facebook.
« Nous tenons à rendre hommage à Jacques Michel, immense figure de la chanson québécoise, dont la disparition nous touche profondément. À Saint-Jean, sa présence a laissé un souvenir précieux. Ceux et celles qui ont eu la chance de le voir sur scène se rappellent un artiste généreux qui savait faire vibrer les cœurs autant que les cordes de sa guitare ».
L’Espace Félix-Leclerc a aussi rendu hommage à Jacques Michel.
« L’équipe de l’Espace Félix-Leclerc entretenait une relation privilégiée avec ce résident de l’île d’Orléans, l’homme à l’origine de certains des plus grands succès intemporels de la chanson québécoise. On le reconnaissait à son engagement et à sa générosité, à sa grande voix et à son charisme indéniable. Chacune de ses visites à l’Espace était marquée par les rires, la complicité, la bienveillance. Notre salle de spectacles portera toujours son empreinte ».
Une carrière bien remplie
Jacques Michel a vu sa carrière prendre son envol dans les années 1970 alors qu’il a remporté le Grand Prix du Festival de Spa, en Belgique, grâce à Amène-toi chez nous, et a mérité le deuxième prix au Festival international de la chanson populaire de Tokyo grâce à Un nouveau jour va se lever. Les deux titres sont tirés de son album Citoyen d’Amérique, lancé en 1970.
À la suite du décès de sa femme Claire, il a produit Migration. Suivent Le temps d’aimer (1977), qui comprend les succès Voyez-vous le temps qu’il fait et Rose chair de femme, puis Le cœur plus chaud (1978) et Passage (1980), sur lequel se trouvent Vodka-Cola et Salut Léon. Enfin, il revient avec Maudit que j’m’aime (1982), avec ses succès Soleil Soleil et Happy Song.
Il s’est tourné vers le petit écran au milieu des années 1980 pour concevoir avec Ève Déziel, sa conjointe de l’époque, les émissions Le Village de Nathalie et Sur la rue Tabaga.
L’émission Star Académie a donné un second souffle à sa chanson Un nouveau jour va se lever en 2004 en l’utilisant comme chanson-thème.
En 2015, Jacques Michel a effectué un retour avec Un nouveau jour, participant aux FrancoFolies de Montréal. Quatre ans plus tard, il a offert ses premières compositions originales en 35 ans sur l’album Tenir, son 17e en carrière.
À 83 ans, il s’est produit en solo pour la première fois dans le spectacle Seul à seuls, mais avait dû cesser les représentations en raison de la maladie en juillet 2025.
La contribution de l’insulaire à la musique québécoise a notamment été reconnue lorsqu’il a été fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2007 et nommé Patriote de l’année pour l’Abitibi-Témiscamingue et le nord du Québec en 2018.
En 2020, il a mérité le prix Sylvain-Lelièvre pour l’ensemble de sa carrière de la part de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec et au printemps 2025, le Rassemblement pour un Pays Souverain lui a remis le prix Napoléon-Aubin, soulignant son engagement envers le Québec, la langue française ainsi que les causes patriotique et indépendantiste.
Jacques Michel était un Abitibien d’origine, né le 27 juin 1941 à Sainte-Agnès-de-Bellecombe.
De son vrai nom Jacques Rodrigue, l’Orléanais laisse notamment dans le deuil sa conjointe Louise Vaillancourt.
Photo : BEE TEE


