Troisième lien : non à la destruction d’un paysage patrimonial exceptionnel

En 1871, Lord Dufferin, alors gouverneur général du Canada, sonne l’alarme afin de préserver les fortifications de Québec. En 2026, la nouvelle Coalition pour la protection du paysage patrimonial de Québec, Lévis et de l’île d’Orléans fait de même afin d’éviter la destruction d’un paysage patrimonial exceptionnel si jamais un lien interrives aérien est érigé entre Québec et Lévis, en face de l’île d’Orléans.

Annonçant son lancement officiel lors d’une conférence de presse tenue ce matin au kiosque Victoria, sur la terrasse Dufferin à Québec, la Coalition pour la protection du paysage patrimonial de Québec, Lévis et de l’île d’Orléans regroupe des organismes issus des milieux de l’histoire, du patrimoine et de la participation citoyenne, dont la Fondation François-Lamy et la Société de mise en valeur de l’île d’Orléans, afin d’attirer l’attention des citoyens et des décideurs publics sur les impacts d’un troisième lien à l’est sur quatre des cinq sites patrimoniaux de la région soit Sillery, le Vieux-Québec, Beauport et l’île d’Orléans.

Elle estime que le paysage historique exceptionnel formé par Québec, Lévis et l’île d’Orléans constitue un héritage collectif devant être protégé pour les générations futures.

« Cet ensemble ne se limite pas à des éléments bâtis : il repose aussi sur les relations visuelles, la topographie et la présence structurante du fleuve Saint-Laurent », commente le président du Comité de citoyens du Vieux-Québec, Michel Masse.

Attention particulière aux impacts paysagers

La Coalition estime qu’il est essentiel d’examiner avec rigueur les effets qu’une infrastructure aérienne pourrait avoir sur cet environnement. Elle rappelle que la Loi sur le patrimoine culturel reconnaît la valeur particulière des sites patrimoniaux et de leurs composantes paysagères.

Dans ce contexte, la Coalition considère que le paysage visuel du fleuve Saint-Laurent et les perspectives patrimoniales entre les deux rives constituent des éléments fondamentaux du paysage culturel du Québec.

Elle souligne également que ce rapport au fleuve et aux vues historiques s’inscrit dans la reconnaissance du Vieux-Québec au sein du patrimoine mondial de l’UNESCO, notamment en ce qui concerne son intégrité et son cadre paysager.

Revendications

Afin d’assurer la préservation de ce paysage, la Coalition demande qu’aucun projet d’infrastructure dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ne porte atteinte à des sites patrimoniaux reconnus ou à la désignation de la ville de Québec au sein du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Elle souhaite aussi que soit reconnue la vue sur le fleuve Saint-Laurent, depuis l’une ou l’autre des deux rives dans des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, comme faisant partie du paysage culturel patrimonial du Québec.

Rappelant que ce n’est pas pour rien que Samuel de Champlain avait choisi cet emplacement pour bâtir la ville de Québec, Michel Masse insiste sur le fait qu’un lien bloquera la vue qui permet d’admirer Québec à partir de Sainte-Pétronille en raison de son gigantisme nécessaire à laisser passer les bateaux de croisière.

« Les candidats de tous les partis politiques provinciaux de la région seront interpellés par la Coalition lors de la prochaine campagne électorale. Trois partis ont déjà été approchés et les autres le seront bientôt », affirme Louis Vallée, administrateur de la Fédération Histoire Québec.

Photo : Michel Masse et Louis Vallée posent sur la Terrasse Dufferin avec au loin l’île d’Orléans. © Marc Cochrane

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