Le fleuve Saint-Laurent contient une trentaine de variétés de poissons qui vivent à la hauteur de l’île d’Orléans, mais cette manne est passablement méconnue des pêcheurs, si l’on se fie à l’expert en la matière, Normand Robitaille.
Se trouvant bien seul à pêcher chaque soir dès mai sur les berges près de la marina de Saint-Laurent, le propriétaire d’Histoire de pêche – l’atelier a présenté trois conférences, les 18 et 19 avril à la salle municipale de Saint-Laurent, afin de faire découvrir ce loisir qui le passionne depuis sa tendre enfance et qui fait partie du patrimoine maritime des insulaires.
Organisée par la bibliothèque David-Gosselin et intitulée Le fleuve et ses poissons – Comment les pêcher, la conférence prévue initialement pour 25 personnes a été répétée à deux reprises afin de répondre à la demande.
« Il n’est pas nécessaire de détenir de permis pour pêcher dans le fleuve et c’est gratuit. Pourquoi ne pas en profiter ? », lance le résident de Saint-Laurent à un auditoire composé d’hommes, de femmes et de plusieurs jeunes.
Si les poissons abondent dans la région, il faut remercier Normand Robitaille qui a cofondé en 1992 la Corporation pour la restauration de la pêche à l’île d’Orléans.
« La pollution dans le fleuve a nui à l’existence des poissons dans les années 1970. Dans les années 1990, durant 10 ans, nous avons capturé des espèces et, avec l’appui de la Corporation du parc maritime, nous avons érigé un por de pêche et nous avons relancé la pêche dans le fleuve. Parmi les sortes de poissons, se trouvaient l’achigan à petite bouche, l’anguille d’Amérique, le barbu de rivière, la carpe, le corégone, le doré jaune et noir, l’esturgeon noir, le meunier rouge, le grand brochet et la perchaude », raconte l’Orléanais.
Quant au bar rayé qui est disparu en 1995, il a été réintroduit par le gouvernement fédéral en 1999 et a fait son apparition au bout du quai de Saint-Laurent, en 2001, après avoir été transféré de la rivière Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Espèce protégée, il s’avère un prédateur important qui se nourrit des plus petits. Une erreur qu’Ottawa devrait corriger, selon M. Robitaille.
Marées et techniques
Le conférencier a souligné l’importance des marées qui sont influencées par l’attraction de la lune.
« Les marées montent et descendent deux fois par jour. Il est préférable de pêcher à la marée montante. J’aime bien pêcher en soirée », affirme M. Robitaille.
Il aime s’adonner à son passe-temps préféré à pied. Mais la pêche dans le fleuve peut aussi s’effectuer en chaloupe ou sur un quai.
La pêche à la ligne ou au lancer léger (jigging) constituent des techniques éprouvées pour capturer du poisson dans le fleuve.
Après avoir enseigné l’art de fabriquer différents nœuds de pêche à son auditoire, Normand Robitaille a proposé l’utilisation de vers ou de poissons nageurs (leurres) afin d’attirer la proie.
Il estime que toutes les espèces se mangent, mais ne sont pas nécessairement toutes bonnes au goût.
Photo : Normand Robitaille a expliqué la façon de faire des nœuds de pêche. © Marc Cochrane




