Les travaux de construction du nouveau pont de l’Île-d’Orléans battent leur plein depuis plus de deux ans. Avant même que les structures visibles du pont ne prennent forme, un travail souvent méconnu s’effectue sous la surface du fleuve.
Selon le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), des plongeurs commerciaux, communément appelés scaphandriers, sont mobilisés pour la construction des semelles des piles, soit les bases des piliers de la future infrastructure.
« Leur travail est essentiel pour s’assurer que les fondations sont solides et durables, bien ancrées dans le roc au fond de l’eau. Ces professionnels, habitués à travailler dans des conditions difficiles, effectuent des opérations nécessitant une grande précision, qu’il est impossible de faire avec la machinerie lourde à partir de la surface », explique le MTMD par voie de communiqué.
Les scaphandriers descendent dans une cage métallique, puis dégagent les sédiments et les matières en suspension, notamment à l’aide de pompes. Cela permet de retirer les débris et de préparer le terrain pour installer la base de la pile. Ils effectuent ensuite des travaux de soudure et participent à l’installation des coffrages des fondations, à l’intérieur des batardeaux. Ces interventions se déroulent à l’aveuglette, car le moindre mouvement déplace les matières en suspension, ce qui brouille totalement la visibilité.
Chaque plongée peut durer plusieurs heures, parfois de trois à quatre heures d’affilée, et s’effectuer dans des conditions exigeantes : obscurité, espace restreint et eau très froide, frôlant régulièrement le point de congélation. Ces interventions demandent une coordination étroite entre les équipes en surface et sous l’eau, ainsi qu’un savoir-faire spécialisé pour assurer la sécurité des scaphandriers.
La combinaison dispose d’un système à eau chaude pour maintenir la température corporelle du scaphandrier pendant toute la durée de sa plongée.
Autres travaux dans le fleuve
D’autres travaux se poursuivent dans le fleuve. On parle de la construction de l’estacade (chemin d’accès temporaire) du côté de Québec, incluant le fonçage de pieux, de la construction des batardeaux près des deux rives et en eaux profondes, de la construction de la jetée du côté de l’île, la mise en place de pieux permanents des fondations du nouveau pont et le terrassement pour la culée du côté de Québec.
Du côté de l’île d’Orléans, le terrassement pour la culée est terminé. Sur la rive nord, la construction d’un ponceau à proximité de l’autoroute Félix-Leclerc et celle de la déviation de cette même autoroute sont prévues en 2026.
Information : Construction du nouveau pont de l’Île-d’Orléans à Québec | Gouvernement du Québec
Qu’est-ce qu’un batardeau ?
Un batardeau consiste en un ouvrage temporaire qui permet de créer une aire de travail sans eau, à même le fleuve. Avant de pouvoir retirer l’eau à l’aide de pompes, le batardeau doit d’abord être étanche. Pour ce faire, le fond doit être excavé et la dalle de béton coulée. Les scaphandriers participent à ces interventions.
Photo : Un scaphandrier se prépare à descendre sous l’eau pour effectuer son travail lié à la construction des semelles des piles. © MTMD


