La brûlure bactérienne, une menace pour les pommiers

Signalée au 19e siècle au nord-est de l’Amérique du Nord, la brûlure bactérienne sévit aujourd’hui un peu partout sur la planète et certains des pommiers de l’île d’Orléans n’y échappent pas.

Selon l’agronome originaire de Saint-François, Marie-Ève Dion, presque tous les vergers ont été attaqués à l’île au cours des dernières années, mais à des niveaux différents, selon la variété de pommiers et la longueur de la floraison. Un verger de Sainte-Famille a même été abattu dernièrement.

« Cette maladie grave a le potentiel de ruiner des vergers entiers de culture de pommes et d’autres espèces de la famille des rosacées telles que les pommetiers et les poiriers. Son agent pathogène s’appelle Erwinia amylovora. Cette bactérie hiverne dans des chancres sur les plantes hôtes. Au printemps, lorsque la chaleur fait son retour et que la pluie humidifie les végétaux, les chancres suintent des gouttelettes remplies de bactéries. Les insectes pollinisateurs disperseront la bactérie sur les fleurs et les pluies ou les rosées favoriseront l’infection », précise Mme Dion qui offre ses services à plusieurs clients de l’île.

Elle ajoute que les fleurs s’avèrent les plus vulnérables pour la propagation en raison de leur ouverture, mais aussi à cause des insectes pollinisateurs qui auront été en contact avec le liquide des chancres. Une fois qu’une fleur est infectée, les bactéries se répandront jusque dans les pousses et enfin dans le tronc, ce qui entraînera ultimement la mort de l’arbre.

Comment la reconnaître ?

La brûlure située dans la pousse constitue le phénomène le plus évident à apercevoir. Au premier coup d’œil, un pommier infecté donne l’impression que certaines branches sont prêtes pour l’automne, comme si les feuilles avaient été légèrement brûlées, d’où le nom de brûlure bactérienne. Les feuilles se tordent et le rameau sur lequel elles sont situées ratatine, flétrit et se courbe pour donner la silhouette d’une canne. Dès la troisième semaine de juin, les pommiers infectés manifesteront les symptômes de façon très évidente.

Comment intervenir ?

Il y a quelques années, la meilleure solution consistait en l’élagage hâtif des rameaux infectés. Aujourd’hui des antibiotiques, de même qu’une bactérie antagoniste, permettent d’empêcher l’infection.

Les pomiculteurs détenteurs d’un certificat d’utilisation de pesticides peuvent s’en procurer, notamment des formulations à base de cuivre qui agissent comme bactéricides. Des produits en vente libre peuvent être utilisés. On peut aussi consulter le centre jardin du coin, souligne Marie-Ève Dion.

Toutefois, si les rameaux sont atteints en trop grande quantité, ou si le tronc principal de l’arbre est infecté, il est recommandé de passer à l’abattage de l’arbre. Il est préférable de laisser les branches coupées sur place le temps qu’elles sèchent pour ensuite les jeter ou les déchiqueter. Le déplacement des branches vivantes infectées pourrait causer plus de contagion.

La brûlure bactérienne, ou feu bactérien, est soumise à la Loi sur la protection sanitaire des cultures. Ainsi, toute personne qui possède des pommiers doit effectuer des interventions minimales pour gérer les ravageurs.

Informations
reseaupommier.irda.qc.ca

Photo : La brûlure bactérienne peut causer des dommages importants aux pommiers jusqu’à entraîner la mort de l’arbre. © Marie-Ève Dion

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