Que faisons-nous pour mieux préserver le patrimoine remarquable de notre île ?

Nous avons aujourd’hui accès à un grand nombre d’informations et d’observations qui contribuent à enrichir nos connaissances sur le patrimoine et la singularité de notre île. Les articles publiés dans ce journal, les revues consacrées à l’histoire et au patrimoine ainsi que l’inventaire des bâtiments anciens de la MRC alimentent notre curiosité et approfondissent nos connaissances. De plus, nos musées et nos institutions culturelles offrent une vue d’ensemble de notre patrimoine. La majeure partie de leur travail en patrimoine se concentre toutefois sur l’enseignement et les expositions. Ces constats bénéfiques sur le patrimoine se traduisent rarement par des actions concrètes de préservation et de restauration. La restauration de la Maison Drouin, acquise par la Fondation François-Lamy, est un rare exemple.

Nous baignons dans un monde d’observations sur le patrimoine. Dans chaque municipalité, un petit nombre de propriétaires s’engagent toutefois activement dans la préservation, subventionnée ou non de leurs propres bâtiments. Pour le reste des citoyens, le regard demeure souvent passif, la question de préservation n’étant pas sur leur radar.

Pourtant, une multitude de bâtiments et de paysages ont besoin d’être mieux préservés. Parmi les plus remarquables, on note près de deux cents bâtiments agricoles du patrimoine, pour lesquels on devrait chercher des solutions de réhabilitation. Il faut souligner également que, bien que la plupart des 600 maisons anciennes soient en bon état, plus d’un tiers se retrouvent très près du chemin Royal moderne et subissent la dégradation lors des déneigements routiers. Par ailleurs, il existe plus de 20 croix de chemin qui profiteraient d’entretien, de restauration et de valorisation en tant que projet proactif en patrimoine.
Donnons-nous à nos voisins des coups de main pour maintenir des bâtiments du patrimoine ou pour les repeindre ? J’ai restauré avec d’autres personnes trois bâtiments de ferme anciens. Au fond, ils n’appartiennent pas uniquement à leurs propriétaires, mais aussi aux générations futures.

Je suis ingénieur de formation. Mon travail consiste à observer les matériaux afin de mettre au point des méthodes ou des procédés améliorés pour les transformer en formes utiles. Il s’agit donc en grande partie d’un rôle d’observateur. Lorsqu’il s’agit de notre patrimoine, l’observation seule ne suffit pas, il est crucial de la faire suivre de gestes concrets et de solutions pratiques pour sa préservation durable et sa mise en valeur.

En tant que membre et intervenant sur deux des comités de sauvegarde du patrimoine, je constate que le citoyen est souvent appelés à la dernière minute pour préserver le bâtiment. Vous comprendrez que ce n’est pas la situation idéale.

J’aimerais bien que nous, les citoyens, les amis ou les propriétaires de bâtiments anciens à l’île réfléchissions à cette situation passive et cherchions des solutions ensemble pour être proactifs et mieux préserver le patrimoine précieux de notre île.

Je suis à l’écoute des suggestions des concitoyens qui veulent agir d’une manière proactive ou d’une autre pour mieux préserver le patrimoine de notre île.

Arthur Plumpton
Initiative patrimoine agricole
aplumpton@sympatico.ca

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