De toutes les propositions formulées récemment par les principales formations politiques du Québec concernant la saga du troisième lien dans la région de Québec, la plus farfelue est sans aucun doute celle du Parti conservateur du Québec (PCQ). En effet, celui-ci souhaite utiliser l’île d’Orléans et son nouveau pont qui est présentement en construction, comme tremplin pour relier les deux rives du Saint-Laurent. En fait, ce projet du PCQ est vraiment insensé, car l’arrivée massive d’automobiles et de camions lourds en provenance de la rive sud sur les autoroutes de la rive nord, notamment sur l’autoroute Félix-Leclerc Ouest, ne manquerait pas d’y créer une situation cauchemardesque pour ses usagers. Il faut croire que le chef du PCQ, Éric Duhaime, n’est pas conscient du fait que cette autoroute est déjà solidement congestionnée dès les premières heures du matin du lundi au vendredi, au grand déplaisir des automobilistes en provenance de la Côte-de-Beaupré et de l’île d’Orléans.
Par ailleurs, il faut se demander pourquoi le PCQ a écarté le rattachement de la rive sud à l’île d’Orléans au moyen d’un tunnel pour plutôt préconiser la construction d’un pont d’une dimension pharaonique par sa hauteur supérieure à celle du Golden Gate Bridge de San Francisco comme le décrivait si bien le ministre Drainville pendant la course au leadership de la CAQ. C’est pourtant tout à fait l’allure que devrait avoir le pont d’Éric Duhaime en raison des obstacles que représentent la taille des bateaux de croisière qui circulent dans cette zone du Saint-Laurent et les tours de transmission d’Hydro-Québec.
Pourquoi donc un pont plutôt qu’un tunnel ? Tout simplement parce que le pont proposé par Éric Duhaime permettrait la circulation de camions lourds transportant des matières dangereuses (explosives, par exemple) dont le passage dans un tunnel est interdit par la loi. Quel mépris pour les automobilistes de l’île d’Orléans ! Ceux-ci seraient condamnés à rencontrer tous les jours ces monstres de la route à leurs risques et périls sur leur nouveau pont à peine plus large que leur vieux pont datant de 1935. Rien d’autre n’illustre mieux le manque de bienveillance du chef du PCQ à l’endroit de la population de l’île d’Orléans.
Enfin, il faut souhaiter que nos élu(e)s municipaux élèvent bientôt la voix pour dénoncer ce projet absurde.
Louis Duclos, ex-député fédéral de Montmorency-Orléans (1974-1984)
Citoyen de Sainte-Pétronille



