Nicolas-Gaspard Boisseau (1765-1842), le premier député de l’île d’Orléans

C’est en 1792 que les Québécois ont voté une première fois pour élire leurs députés au Parlement. Le Québec s’appelait alors le Bas-Canada et, par l’Acte constitutionnel voté à Londres en 1791, la colonie pouvait élire 50 députés qui allaient former la première Chambre d’assemblée, ancêtre de notre Assemblée nationale.

Plusieurs circonscriptions comptent à l’époque deux représentants, mais l’île d’Orléans avait la particularité de n’élire qu’un seul député. Son insularité et sa faible population en sont les principales raisons. Le tout premier député de l’île d’Orléans, élu au Parlement de Québec, était un natif du village de Saint-Pierre.

Nicolas-Gaspard Boisseau est né le 10 octobre 1765. Il appartient à une famille de juristes parisiens arrivée en Nouvelle-France vers 1720. Il fait ses études au Séminaire de Québec et il s’y trouve lors du siège de la ville par les troupes « bostonnaises » en 1775-1776. Il devient ensuite commis pour son père, qui était alors greffier de cours civiles à Québec, et il s’initie au droit notarial. Après plusieurs examens, il obtient sa commission de notaire du gouverneur en 1791.

À cette époque, l’indépendance des États-Unis, la Révolution en France et les idées de droit et de liberté soulevaient bien des débats au pays. Cette effervescence idéologique des années 1780 a pu attirer un jeune juriste comme Boisseau vers la politique. Revenu vivre à l’île d’Orléans en 1783, il s’y présente donc aux premières élections en 1792. Antoine Crépin, l’officier rapporteur du scrutin, déclare Nicolas-Gaspard Boisseau élu député du comté d’Orléans, le 28 juin 1792. Les élections s’étant déroulées en mai et en juin, cette date, relativement tardive, laisse croire qu’il n’a pas été élu par acclamation, mais qu’il avait au moins un adversaire. Il nous manque hélas des sources pour en savoir davantage.

À l’Assemblée, le député Boisseau appuie le parti canadien, qui deviendra plus tard le parti patriote. Il vote en faveur de Jean-Antoine Panet, à la présidence de la Chambre, et défend les droits de la langue française au Parlement. Il se retire de la politique en 1796, après un seul mandat.

Par la suite, il va pratiquer sa profession de notaire à Saint-Vallier de Bellechasse, puis à Montmagny. Il avait épousé, en 1790, à Saint-Jean-Port-Joli, Catherine, fille du seigneur Ignace-Philippe Aubert de Gaspé. Il était ainsi l’oncle par alliance de l’auteur des Anciens Canadiens. Il est décédé à Montmagny en 1842. Il a laissé des mémoires qui ont été publiés en 1907, mais qui ne nous apprennent que très peu de choses sur sa vie.

Photo : Le Débat sur les langues : séance de l’Assemblée législative du Bas-Canada le 21 janvier 1793, peinture de Charles Huot, 1910-1913

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