Cet été, on m’a offert en cadeau une balade en bateau sur le fleuve Saint-Laurent. J’ai choisi la nouvelle destination des croisières AML qui part du quai de Québec vers Sainte-Anne-de-Beaupré. Je souhaitais voir et sentir le fleuve autrement que sur le bord d’un quai. Je souhaitais aussi redécouvrir les merveilles qui nous entourent, des paysages et des panoramas de chez-nous. Et j’ai été servie !
Le fleuve Saint-Laurent, comme l’a écrit Jacques Martineau, dans Le Devoir du 13 août, mérite qu’on l’encense davantage. Il est le témoin de notre passé, une voie toujours incontournable, en plus d’être une source d’inspiration pour des auteurs.
Comme le mentionne le chroniqueur dans son texte Il n’y a pas de fleuve sans écriture, de cette énergie fluviale, des œuvres sont nées. Elles marquent notre époque et le Québec. Citons par exemple Pierre Perreault (1927-1999), un des pionniers du cinéma québécois qui a réalisé plusieurs films, dont le plus connu, La trilogie de l’Île-aux-Coudres, dans les années 1960. Le poète contemporain québécois Pierre Morency, qui vit à l’île, pose aussi un regard bucolique dans un de ses livres quand il parle du fleuve qui enserre l’île d’Orléans : « Les eaux entières du pays coulent devant toi. Je transporte la beauté, la richesse et les sens innombrables de toutes les eaux. »
Mais revenons à cette croisière. Elle m’a permis aussi de replonger dans mes souvenirs d’enfance à l’île. Souvent, mon père parlait des attraits de la Côte-de-Beaupré. Il évoquait notamment ces fameux samedis soir où, jeune homme, il allait courtiser, en bateau, les filles de l’autre côté du fleuve, à Château-Richer. C’était avant l’arrivée du pont de l’île en 1935 et bien avant de connaître ma mère, bien sûr ! À bord du zodiac, j’imagine ce que devait être ce périple pour mon père quelque peu aventurier.
Je pensais aussi aux ancêtres défricheurs qui s’installèrent près du fleuve, tant sur l’île que sur la Côte-de-Beaupré. Leur vie entière était tributaire de ce vaste fleuve, cette voie de passage mythique qui a connu, rappelons-le, des hauts et des bas. Le fleuve Saint-Laurent a permis aux explorateurs de pénétrer le continent et de développer la Nouvelle-France. Mais ce fleuve a aussi connu ses revers, des naufrages, tels celui d’octobre 1875 où 19 personnes, à bord du bateau Le Montmorency, ont péri près du quai de Sainte-Famille.
Le fleuve et ses attraits
La vue du fleuve montre un aspect du paysage encore sauvage bien qu’il y ait des constructions qui se soient ajoutées ici et là. La température est douce et chaude en cette fin de journée. Le fleuve est calme. Il semble frissonner sous un soleil assombri parfois de nuages.
Le paysage des deux côtés du fleuve étale ses splendeurs dignes d’un tableau de grand maître. Une série de bandes de terres cultivées en hauteur et des prés verdoyants donnent un panorama géographique unique de la Côte-de-Beaupré. Sa voisine, du côté nord de l’île d’Orléans, soit de Saint-Pierre jusqu’à Saint-François, affiche d’autres points de vue et couleurs tout aussi spectaculaires ; des grèves, des rochers, des falaises et des forêts se fondent dans le décor. Les passagers en profitent pour immortaliser cette vue grandiose. Ils sont silencieux et prennent des photos. Sur mer, on contemple cette nature généreuse difficile à voir sur terre.
Arrivée à destination à Sainte-Anne-de-Beaupré, je marche sur l’une des plus anciennes routes rurales d’Amérique, l’avenue Royale, construite à l’époque de Mgr de Laval, au 17e siècle. J’en profite aussi pour revisiter la basilique qui s’est refaite une beauté avant la visite papale. J’avais oublié la grandeur du monument, sa voûte et ses vitraux spectaculaires et le parc fleuri qui fait la joie des petits et des grands. Et comme pour clore en beauté mon excursion, sur le chemin de retour sur le nouveau quai de Sainte-Anne-de-Beaupré, les cloches de la basilique se mettent à sonner comme pour nous saluer d’être passés. Je rends hommage au fleuve Saint-Laurent !
Pour information sur cette croisière: https://www.croisieresaml.com/nos-croisieres/sainte-anne-de-beaupre
Sources : https://www.erudit.org/fr/revues/hq/2000-v6-n2-hq1057497/11308ac.pdf;
055 – Dionne, J-C – Le quai de Sainte-Famille, Île d’Orleans (1876-1920).pdf (archiv-histo.com) ; La Côte-de-Beaupré : sa trame événementielle (erudit.org)


