La question fondamentale de l’eau
Une étude publiée avant-hier par le Munk Center for International Studies de l’Université de Toronto met en évidence le fait que, partout au pays, nous savons très peu de choses des nappes d’eau souterraines à travers lesquelles pourraient s’effectuer les forages d’exploration et d’exploitation des gaz de schistes. Et cette ignorance s’étend aussi aux traitements nécessaires des eaux de forage et aux risques de contamination des nappes phréatiques : les puits et les bassins de rétention seront-ils étanches ? Comment et par qui les eaux résiduelles seront-elles traitées (si elles le sont) ?
Parmi les recommandations du rapport, citons celles, entre autres :
- de confier l’émission des permis à une autorité à mission environnementale (au Québec, le ministère de l’environnement et non pas celui des Ressources naturelles) ;
- d’élaborer des normes réglementaires pour encadrer les prélèvements d’eau et le traitement des eaux de forage ;
- de divulguer publiquement la nature des produits chimiques utilisés ;
- d’obliger le choix des méthodes de moindre impact sur l’environnement.
Ces recommandations ne vont-elles pas à l’encontre de tout ce qui se fait actuellement sur le territoire du Québec ? Quand on sait la rareté de l’eau sur l’île d’Orléans et la nature disloquée de son sous-sol, n’y a-t-il pas de quoi s’inquiéter sachant que son territoire est déjà l’objet de droits permettant l’exploration gazière ?
Nous laissons nos lecteurs avec la question posée ce matin par Gérard Bérubé dans sa chronique Actualités économiques du Devoir : « Nous savons peu de choses sur les retombées et les risques réels de cette filière. Mais nous en savons suffisamment pour nous convaincre de ne rien précipiter. Alors, pourquoi ne pas laisser la ressource là où elle est ? Il appartiendra aux générations futures d’en faire bon usage. Et qui sait, peut-être n’en auront-elles pas besoin ?»




2 Comments
Bonjour, je suis avec mon épouse « Lanceur d’alerte » sur la France, j’aurai besoin d’échanges d’informations avec le Québec sur sujet « Gaz et Huile de schiste », dossier dont nous nous occupons sur notre territoire, serait-il possible à Mr Normand Gagnon de me contacter par email.Avec mes remerciements. Bien Cordialement
Bonjour M David
Vous pouvez communiquer avec Normand Gagnon à l’adresse : nogagnon@videotron.ca
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement du Québec (ministère de l’Environnement) a remis son rapport sur l’exploitation des gaz de schiste aujourd’hui. Vous pouvez en prendre connaissance à : http://www.bape@gouv.qc.ca
Bonne journée
Hélène Bayard