La maladie hollandaise de l’orme

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Il y a quelques années, une rangée d’ormes magnifiques bordait le chemin royal à l’entrée du village de Sainte-Famille. Il y a environ deux ans, on remarquait qu’un de ces ormes dépérissait: ses feuilles jaunissaient et se desséchaient en plein été. Depuis, l’arbre est mort et trois autres ormes voisins sont visiblement atteints.

La maladie hollandaise de l’orme décime depuis quelques décennies les magnifiques ormes qui ornaient nos paysages champêtres et urbains qu’a immortalisés le peintre Marc-Aurèle Fortin. L’orme a pratiquement disparu de certaines régions du Québec où il abondait, notamment dans la région de Montréal.

Venue d’Europe, la maladie est causée par un champignon microscopique, transporté par un insecte, le scolyte[1].  Le champignon prolifère en envahissant les vaisseaux conducteurs de la sève, privant ainsi les rameaux de nourriture, ce qui cause le flétrissement de leurs feuilles en plein été et la mort de l’arbre, à plus ou moins brève échéance. Selon le site internet de la Ville de Québec, lorsque plus de 10% d’un orme est atteint de façon non localisée, l’arbre ne peut être sauvé. Il devient nécessaire de l’abattre et de brûler ou enfouir le bois immédiatement pour éviter la propagation de la maladie aux ormes du territoire environnant. La maladie peut également être transmise par le système racinaire, ce qui rend particulièrement vulnérables les plantations groupées.

Nous avons demandé l’avis de M. Yves Lévesque, conseiller municipal à Sainte-Famille et ingénieur forestier à la retraite. Selon lui, il reste assez peu de grands ormes sur l’île – c’est-à-dire d’ormes anciens. La plupart des ormes que l’on y trouve heureusement encore, sont des arbres jeunes, donc moins considérables, que la maladie hollandaise pourrait cependant empêcher de devenir des ormes majestueux un jour. Toujours selon M. Lévesque, même si l’orme est un arbre résilient qui continue d’essaimer facilement sur le territoire, il s’agit néanmoins de l’un de nos plus beaux arbres et la maladie hollandaise le décime avant qu’il n’atteigne sa pleine maturité.

II vaut donc la peine de sensibiliser à nouveau les insulaires, toujours soucieux de leur patrimoine visuel, naturel, à la menace que constitue la maladie.

Selon les informations recueillies auprès de la MRC, il n’existerait en ce moment aucune réglementation relative à la protection ou au traitement des arbres sur l’île ou de programme subventionnant une partie des coûts d’abattage, comme c’est le cas à la Ville de Québec. Il revient donc aux propriétaires privés dont les ormes sont infectés de les faire abattre et détruire à leurs frais.

Compte tenu du coût afférent à l’abattage de plusieurs arbres, il peut valoir la peine d’agir rapidement pour enrayer la maladie dès qu’elle se manifeste. L’abattage et la destruction immédiate des sujets atteints seraient d’autant plus souhaitables que le scolyte, vecteur de la maladie, se reproduit dans les arbres affaiblis ou morts[2]. On éviterait ainsi la perte de nos ormes sur une grande échelle, ce qui contribuerait à la pérennité et à la beauté de notre patrimoine naturel.

[1] Source : Ville de Québec, Maladies d’arbre, Maladie hollandaise de l’orme : https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/propriété/arbres/arbres_maladie-hollandaise_orme.aspx. Voir également : Forêts, Faune et Parcs, Gouvernement du Québec, Maladie hollandaise de l’orme, http://www.mffp.gouv.qc.ca/forets/fimaq/insectes-maladies-hollandaise.jsp.

[2] Agriculture et Agroalimentaire Canada, Maladie hollandaise de l’orme, http://www.agr.gc.ca/fra/science-et-innovation/partiques-agricoles/a aladies-et-ravageurs/maladie-hollandaise-de-l-orme/1367250516203.

(photo: Isabelle Harnois)

Arbres sains photographiés à Saint-François
Arbres sains photographiés à Saint-François

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