Durant les années 1960, de nombreux foyers voient leur quotidien transformé par l’arrivée de la télévision couleur. À l’île d’Orléans, pourtant, le Cercle de fermières tisse et déploie ses couleurs depuis déjà 25 ans!
Mme Paul Bouffard (Marie-Blanche Thivierge) fut présidente du cercle de 1956 à 1966, Mme Henri (Thérèse) Rouleau, Mme Armand (Suzanne) Toulouse, Mme Rita Lajeunesse, Mme Jeannette Rouleau, Mme Reynald (Camille) Bouffard formaient le conseil d’administration du cercle en 1966, au moment de notre 25e anniversaire. À noter qu’en se mariant, la femme prenait non seulement le nom de son mari, mais aussi le prénom de celui-ci! Tout était à faire, à bâtir pour définir l’identité féminine: c’était l’époque où la société valorisait le travail de la femme au foyer.
La voie étant tracée, Mme Henri Rouleau (Thérèse Normand) succède à Mme Paul Bouffard, en octobre 1966. Très habile en artisanat de toutes sortes, elle a su faire profiter les autres de ses talents, tout en cultivant les siens. Elle participe activement aux expositions locales et intercercles et remporte plusieurs prix. Elle choisit d’innover et de dynamiser le groupe en ajoutant un volet récréatif aux réunions mensuelles lors de certaines fêtes comme la Sainte-Catherine, Noël, la fête des Mères.
À ce moment-là, la revue officielle des Cercles de fermières de la province de Québec, intitulée Terre et Foyer et publiée tous les deux mois, fourmille de sujets d’actualité tels que les finances familiales, la médecine préventive, le verbe et l’art de bien écrire, le développement de la personnalité, les sondages, les arts textiles et culinaires.
En 1966, Mme Denyse Langlois-Chênevert fonde le Centre d’art Saint-Laurent, à l’île d’Orléans. Sa fille Chantal, née deux ans plus tôt, gravite dans ce milieu artistique dès son tout jeune âge. Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait pris la relève du Centre d’art et occupe aujourd’hui le poste de vice-présidente, responsable des arts textiles, au sein du conseil d’administration du Cercle de fermières de Saint-Laurent.
Les années 1960 resteront à jamais marquées par de grandes transformations sociales dans une multitude de sphères d’activité. Rappelons-nous:
- la Révolution tranquille au Québec;
- en 1961, Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme à accéder au statut de députée et à siéger à l’Assemblée législative du Québec;
- en 1966, inauguration des premières stations du réseau de métro de Montréal;
- l’exposition universelle de Montréal, Expo 67, accueille plus de 50 millions de visiteurs. 62 pays y participent sous le thème Terre des hommes;
- en 1968, la pièce de théâtre de Michel Tremblay, Les Belles-sœurs, est présentée pour la première fois;
- le 13 juin 1969, l’Assemblée nationale sanctionne le projet de Loi 30 créant la Régie de l’assurance maladie du Québec;
- en 1969, Neil Armstrong est le premier homme à poser les pieds sur la lune, prononçant la fameuse phrase: «C’est un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour l’humanité»;
- dans les années 1960 apparaissent des danses qui se pratiquent en solitaire comme le jerk, le madison, le twist. On assiste à l’ouverture des premières discothèques.
Et le 30 avril 1966, le Cercle de fermières de Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans soulignait son 25e anniversaire. Plus de 180 personnes ont assisté au banquet, dont l’aumônier-fondateur, le maire et plusieurs femmes membres du premier conseil d’administration. Le repas fut suivi d’une exposition d’artisanat et d’une soirée dansante. Ce fut un vif succès.
À suivre…
Diane Paradis


