Chronique historique: nos ancêtres, Robert Gagnon

La Semaine nationale de la Généalogie est à nos portes. Du 21 au 28 novembre, plusieurs sociétés et associations offriront des activités pour les initiés et les moins initiés.

J’ai décidé de vous présenter un des nombreux pionniers de l’île d’Orléans, Robert Gagnon.

Sa vie en France

Nous savons très peu de choses sur sa vie dans la mère patrie outre qu’il a été baptisé le 1er mars 1628 à la Ventrouze. Il est l’un des sept enfants de Jean Gagnon et de Marie Geffroy qui s’étaient mariés cinq ans auparavant, soit le 16 avril, dans la même paroisse.

Un nouveau continent

La première mention de l’ancêtre dans la colonie remonte à 1655. Dès l’année suivante, Robert reçoit une terre en concession sur l’île d’Orléans. Elle était quatre arpents de large et se rendait du fleuve jusqu’au centre de l’île. Bien que la largeur varie d’une terre à l’autre, pratiquement toutes les terres de l’île étaient divisées de cette manière, elles partaient toutes du fleuve pour se terminer au centre. Le système était quelque peu différent à Saint-François puisque la terre y était plus étroite.

La terre que cultive Robert se trouve aujourd’hui dans la municipalité de Sainte-Famille. Un monument érigé par le curé de Sainte-Famille, Joseph Gagnon, en 1909, prône fièrement sur la terre de l’ancêtre.

Dès l’année suivante, le 3 octobre 1657, Robert passe devant l’autel pour épouser Marie Parenteau, née vers 1641. Il avait 25 ans, elle, 16. Ça choque avec nos yeux de 2020, mais reste que c’est une pratique très courante dans le quotidien de nos ancêtres.

Marie Parenteau était la fille d’Antoine Parenteau et Anne Brisson.

Ensemble, ils auront 10 enfants, dont six se marieront et deux entreront en religion. Considérant que la mortalité infantile est très grande à l’époque, on peut considérer le couple tout de même chanceux. Cependant, en 1703, quatre des membres de la famille sont emportés, probablement par la petite vérole qui sévit dans la colonie à ce moment, Robert en fait partie. 

Gagnon, selon l’Institut de la Statistique du Québec, en 2006, était le deuxième nom le plus populaire dans la province, après Tremblay. Mais Robert n’est pas le seul à avoir légué ce patronyme à sa descendance, contrairement à Pierre Tremblay. Trois autres hommes Gagnon se sont aussi établis sur la Coste-de-Beaupré, Jean, Mathurin et Pierre sont trois frères qui ont fait la traversée.

En généalogie, il faut faire très attention aux raccourcis, ce n’est pas parce que vous êtes un Gagnon que Robert est votre aïeul direct. Et ce n’est pas non plus parce que votre nom de famille n’est pas Gagnon que vous ne l’êtes pas…

Belzile?

Vous êtes un Belzile? Vous avez fait des recherches rapides pour trouver le premier Belzile à être arrivé en Nouvelle-France, mais n’avez pas encore trouvé la réponse. Avez-vous déjà entendu parler des noms « dit »? La réponse à votre question réside dans les surnoms dont se dotaient les colons pour se distinguer les uns des autres. Les Jean Gagnon, même en Nouvelle-France, sont nombreux. Alors pour distinguer rapidement les gens avaient des qualificatifs.

Est-ce que les noms de famille : Lapointe, Laflamme, Marquis, Sansoucy, Ducharme, pour ne nommer que ceux-là vous disent quelque chose? Ce sont tous des noms en dit que nos ancêtres portaient. Avec le temps, certain ont laissé tomber le premier nom de famille pour ne conserver que deuxième et vice versa. Certaines personnes se sont vu transmettre l’intégralité de la combinaison.

C’est ainsi que plusieurs Belzile aujourd’hui, en remontant leur généalogie, seront surpris d’y voir trôner notre cher Robert Gagnon au sommet. Son petit-fils, Jean voulant se démarquer de ses homologues, s’est attribué le nom de Belles-Isles. Vivaient-ils près de belles isles ? Ça se pourrait! C’est le 27 janvier 1714 dans un acte de vente impliquant Jean que nous retrouvons les premières traces de ce patronyme, qui sera largement transmis à sa descendance par la suite. Comme quoi, en généalogie, il faut toujours faire ses recherches consciencieusement pour retrouver nos premiers ancêtres et ne rien tenir pour acquis !

Je vous invite à consulter le site internet de la Semaine de la Généalogie pour voir les activités disponibles. Avec la COVID, plusieurs se donneront en ligne, c’est votre chance de participer aux activités qu’il y aura dans toute la province. Évidemment, je vous invite à consulter la page Facebook de la Maison de nos Aïeux pour connaître les activités que nous donnerons au courant de la semaine.

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