« Encore 10 ans de pénurie de main-d’oeuvre » – Pierre Moreau

Les gens d’affaires de l’île d’Orléans, sinon de la planète entière, devront faire preuve de patience car, selon le président-directeur général de Restos Plaisirs, Pierre Moreau, la pénurie de main-d’œuvre se résorbera dans 10 ans.

M. Moreau a lancé cette affirmation, le 26 avril, alors qu’il agissait comme conférencier-invité lors du 5 à 7 réseautage de la Chambre de commerce de l’Île d’Orléans (CCIO).

Devant une cinquantaine de membres réunis à la Grange de l’île, à Saint-Pierre, Pierre Moreau a rappelé que ce qui constitue le principal frein à la croissance économique s’était amorcé deux-trois ans avant la pandémie de la COVID-19.

« Le phénomène actuel s’explique par la démographie. Lorsque 10 Baby boomers prennent leur retraite, seulement huit personnes les remplacent. Ce manque de 20 % fait mal au recrutement de personnel », a commenté M. Moreau.

La pandémie a servi d’accélérateur à la pénurie de main-d’œuvre, car les gros employeurs de la région, comme Desjardins ou les CHSLD, ont modifié le marché du travail.

Le PDG de Restos Plaisirs a mentionné que les employeurs doivent faire preuve de patience et d’imagination avec la nouvelle génération de travailleurs.

« Il faut montrer des choses qu’ils sont supposés avoir appris à la maison. Il faut développer un sentiment d’appartenance et s’occuper de la main-d’œuvre en premier, car elle s’occupe de vos clients », a-t-il souligné.

L’automation, la natalité et l’immigration aident à la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre, mais afin de retenir les employés M. Moreau suggère de les rendre heureux, de les former, de bien les traiter et de reconnaître leur travail.

Faire preuve de transparence, utiliser l’application de gestion des horaires par les employés, faire preuve de souplesse lors de longs départs, instaurer des programmes d’assurance collective et de rabais d’abonnement pour le transport en commun, désigner un responsable du recrutement à temps plein représentent d’autres recettes proposées par Pierre Moreau.

« Les employés, c’est comme un couple. Il faut faire des compromis pour que ça marche », a-t-il lancé à la blague.

Il déplore toutefois que la fiscalité nuise à l’embauche de gens du troisième âge.

Priorité à la restructuration

Le président de la CCIO, Marc-André Bouchard, a profité de l’occasion pour préciser que les 5 à 7 réseautage se tiendraient au printemps et à l’automne, à l’instar des deux derniers événements.

« Pour l’instant, nous concentrons nos efforts sur la restructuration de la CCIO en continuant à servir nos membres et à participer aux comités de la MRC de L’Île-d’Orléans. Nous jetons aussi des ponts avec l’UPA locale », a déclaré M. Bouchard.

Ce dont la préfète de la MRC de L’Île-d’Orléans, Lina Labbé, s’est réjouie.

« La CCIO revit. Son conseil d’administration est dynamique. Une belle restructuration a été entreprise. On veut vous donner un coup de main. Vous faites du beau travail car nous avons besoin de commerces, à l’île », a noté la mairesse de Saint-François.

Vignette : Quelque 50 membres de la CCIO ont pris part au 5 à 7 réseautage. ©Sébastien Girard

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