Ce n’est pas parce que les Dragons n’ont pas acquiescé à la demande de Vincent Paris que le propriétaire de la Confiturerie Tigidou va abandonner son projet de placer sur les tablettes des supermarchés Sobeys des fraises de l’île d’Orléans à longueur d’année.
Lors de l’émission Dans l’œil du dragon, diffusée le 31 mai à Ici Télé-Radio-Canada, le propriétaire et cofondateur de l’entreprise qui fête ses 10 ans cette année a demandé 100 000 $ pour 10 % du capital-actions aux cinq Dragons, soit David Côté, Isabelle Chevalier, Nicolas Duvernois, Christine Germain et Georges Karam.
« Ils ne connaissent rien. Je ne peux pas vendre des confitures chez IGA pour 10,95 $. Ils n’ont pas vécu le même historique que moi et ne possèdent pas le même type d’entreprise. Je suis un artisan et je vais demeurer un artisan. Je leur proposais de vendre des confitures à 6,99 $ dans les supermarchés, mais pas sous la marque Tigidou. L’enregistrement effectué en mars à la nouvelle maison de Radio-Canada a duré plus de 75 minutes et on s’est obstiné durant plus de 45 minutes. Ils ne comprenaient pas ce que je leur proposais. En bout de ligne, seulement une dizaine de minutes ont été conservées pour l’émission », a affirmé M. Paris qui arborait son caractéristique chapeau rond et noir.
« C’était excessivement stressant lors de l’enregistrement, car je n’allais pas là pour présenter l’entreprise, mais un projet que j’affectionne afin de gagner la guerre contre la fausse représentation de la fraise de l’île dans les supermarchés. Certaines confitures sont faites avec des fraises provenant de la Chine ou de l’Égypte et l’étiquette mentionne : fraises de l’île d’Orléans », a précisé l’homme d’affaires qui a pignon sur rue depuis deux ans dans le village de Saint-Laurent.
Afin de remporter cette guerre, M. Paris entend utiliser la recette de quelques Dragons, le co-emballage. Il s’agit d’une solution de co emballage qui consiste à lotir des produits similaires pour en faire un seul lot de deux (ou plus) unités de vente au consommateur.
« Comme je produis une trentaine de variétés de confiture de façon artisanale, je devais dénicher un producteur de fraises de l’île qui fournirait à la demande, en l’occurrence Les Fraises de l’île. J’ai aussi trouvé un co-emballeur et un nouveau nom pour le produit fabriqué à des fins de ventes à haut volume. De cette façon, les vraies fraises de l’île vont se retrouver sur les tablettes de supermarchés 12 mois par année sous forme de confitures », a-t-il ajouté.
M. Paris retient tout de même un aspect très positif de son passage aux Dragons, soit la publicité gratuite amenée par cette populaire émission de télé. Au lendemain de la diffusion de cette vitrine pour l’entrepreneuriat québécois et à la suite de la participation de M. Paris à cette émission, Confiturerie Tigidou a publié sur sa page Facebook des photos de boîtes de confitures prêtes à être livrées.
Vincent Paris s’est retrouvé sous les feux de la rampe après avoir été approché par Accélérateur IGA. Son commerce a fait partie de la première cohorte d’entreprises de produits locaux inscrites dans un processus d’accès rapide aux tablettes du géant de l’épicerie.
« Le producteur de Dans l’œil du dragon, Attraction, m’a contacté à la suite de reportages sur l’Accélérateur IGA. Je n’avais pas besoin d’eux, mais le jeu en valait la chandelle », a-t-il souligné.
Les Dragons ont affirmé avoir été impressionnés par le nom de l’entreprise, un mot typiquement québécois, et par l’excellent goût des confitures aux fraises fabriquées avec du sucre de cannelle bio. Ils ont toutefois refusé d’embarquer dans le projet de M. Paris, lui conseillant de conserver son unicité.
« Quand on se dénature, on arrête d’être ce qu’on est », a-t-on entendu durant l’émission.
Vignette: Vincent Paris a échangé durant plus de 75 minutes avec les Dragons, lors de l’enregistrement de l’émission, en mars. ©Yanick MacDonald


