Des chasse-neiges plus lents pour protéger le patrimoine bâti

Deux nécessités qui cohabitent à l’île d’Orléans : déneiger le chemin Royal en hiver et protéger le patrimoine bâti. Si les chasse-neiges réduisent leur vitesse aux abords de bâtiments patrimoniaux, leur état ne s’en portera que mieux. C’est du moins ce qu’estime l’Initiative Patrimoine Agricole (IPA) qui propose au ministère des Transports et de la Mobilité durable une stratégie améliorée de préservation de quelque 225 bâtiments du patrimoine de l’île d’Orléans situés près du chemin Royal et susceptibles de subir des dommages physiques et chimiques causés par la neige projetée par les chasse-neiges.  

« L’étude a été inspirée par nos observations en 2023-2024 de la destruction de propriétés situées près de la route 368 entre Sainte-Famille et Saint-Pierre, occasionnée par les vitesses d’opération des chasse-neiges. Les bris des boîtes aux lettres entre Sainte-Famille et Saint-Pierre en mars 2024, et celui en janvier 2024 d’une porte neuve d’un abri d’hiver en toile qui était situé à 21 pieds de la route, ont été reconnus et partiellement dédommagés par l’entrepreneur de déneigement contractée par le MTMD », a commenté le porte-parole d’IPA, Arthur Plumpton.

Selon le restaurateur de bâtiments du patrimoine, les opérations de déneigement des routes créent des conditions difficiles pour des bâtiments vulnérables datant de 1780 à 1940 situés à proximité du passage des chasse-neiges. Ces édifices, majoritairement en bois, subissent des dégradations importantes et rapides, menaçant ainsi une part précieuse du patrimoine architectural.

« Notre étude menée en janvier 2025 a permis d’estimer les distances de la route de 225 bâtiments du patrimoine et de formuler des recommandations de divers éléments d’une stratégie bonifiée de déneigement et préservation du patrimoine bâti. Avant d’entreprendre ce travail, nous avons démontré les bris de l’hiver 2023-2024 et nous avons fait une demande au conseil des maires de la MRC de L’Île-d’Orléans, le 17 novembre 2024, afin qu’il aborde la question des conditions de déneigement avec le MTMD », a soutenu M. Plumpton.

La direction régionale du ministère de la Culture et des Communications a également reçu la demande de l’IPA le 18 décembre.

L’IPA propose de limiter la vitesse des chasse-neiges à 40 km/h hors des villages, de la réduire à 10 à 20 km/h dans les villages. Selon la porte-parole du MTMD, Émilie Lord, la norme du ministère suggère une vitesse pour les déneigeurs d’au plus 40 à 50 km/h selon la nature des opérations.

« Cette vitesse doit être réduite dans plusieurs cas, notamment lorsqu’il y a des obstacles (par exemple des bâtiments) à proximité de la route. Le contenu de cette norme n’est pas de nature contractuelle ou réglementaire. Les vitesses évoquées ne sont pas strictement imposées aux conducteurs de camions de déneigement qui travaillent sur le réseau du MTMD », a mentionné Mme Lord. 

Cette dernière a ajouté que, dans le cas du déneigement de l’île d’Orléans, la mention suivante figure au contrat avec l’entrepreneur : « Une attention toute particulière doit être apportée aux opérations de déneigement des routes situées sur l’île d’Orléans. L’exiguïté du corridor routier nécessite des vitesses de déneigement moindres et adaptées aux conditions particulières présentes en bordure de la chaussée ».

« Le MTMD a bien reçu la demande de l’organisme et est sensible aux enjeux soulevés par IPA. L’entrepreneur responsable du déneigement sur l’île d’Orléans a été avisé de la situation. Il lui a été demandé de sensibiliser ses chauffeurs à cet enjeu en leur rappelant qu’ils doivent réduire leur vitesse de manière à éviter la projection de neige sur des bâtiments ou autres obstacles (clôture, végétation, etc.) en bordure de la route. Le MTMD interviendra de nouveau, si cela s’avère nécessaire. La diminution de la vitesse aux quelques endroits où des bâtiments sont à proximité de la route n’aura pas de conséquence sur la qualité et l’efficacité du déneigement », a souligné Mme Lord.

« Cela ne répond pas à notre analyse et à notre requête de collaboration. Jusqu’à présent, le MCC et le MTMD n’ont pas pris en compte notre demande de dialogue et de collaboration à ce sujet », a rétorqué Arthur Plumpton.

« La MRC est consciente de la situation. Elle suit le dossier et a contacté le MTMD à cet effet », a déclaré la préfète de la MRC de L’Île-d’Orléans, Lina Labbé.

Vignette : Le mur de pignon de ce bâtiment, qui se situe à 14 pieds de la route 368, fait face directement à la projection de neige de la gratte, selon Arthur Plumpton. © Arthur Plumpton

Photos : Arthur Plumpton

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