Après l’adoption de l’acte encourageant l’éducation populaire, les écoles de rang surgissent à l’île d’Orléans. Les habitants convertissent certaines maisons en écoles alors que d’autres seront construites selon les normes du ministère de l’Instruction publique.
Pendant plus de 130 ans, les écoles accueillent les enfants de la première à la septième année pour leur donner accès à l’apprentissage de base en français, en arithmétique, en géographie et en religion.
L’école était en général assez modeste, mais avait de grandes fenêtres permettant de laisser entrer la lumière du jour. En milieu rural comme ici, l’école était liée aux rythmes saisonniers. On note dans le journal d’appel, dans lequel l’institutrice inscrit les absences, que les garçons s’absentent pour aider à la tonte des moutons, pour égermer les patates et les semer ou encore pour ramasser les roches. À l’automne, ils s’absentent pour les récoltes ou pour la rentrée du bois de chauffage.
Une institutrice gérait le tout avec un dévouement et une passion exemplaires. Elle devait être célibataire et était, après le prêtre, la personne qui jouait un rôle de premier plan dans la destinée des enfants.
Les écoles de rang de l’île, construites pour la plupart après 1899, suivent à la lettre les plans du département de l’Instruction publique. En fait, la loi scolaire obligeait les commissaires d’école à se procurer gratuitement les plans offerts par le département.
L’architecture de nos écoles orléanaises est directement inspirée de ces plans : Série 2 pour 15 à 20 élèves et Série 8 pour 52 élèves. Elles étaient toutes construites en bois et n’avaient qu’exceptionnellement un étage et demi. En général, elles servaient également de logis pour la maîtresse d’école qui devait obligatoirement être célibataire.
Il y a encore sur le territoire orléanais plus de sept écoles de rang encore debout, dont une école de fabrique à Saint-François, construite en 1830, qui reprend la forme d’une grande habitation rurale et qui abritait également la salle des habitants.
Vignette : Exemple d’une école de rang à l’île d’Orléans. © Pierre Lahoud


Photos : Pierre Lahoud


