La mode du jetable… un scandale

J’aime la mode en général… sauf le mou… la grande tendance actuellement. Au risque de paraître démodée, je trouve qu’une belle tenue est une marque de respect pour soi et pour les autres. Mais là où j’ai un profond malaise, c’est la mode du jetable de Shein, ce géant de l’ultra-fast-fashion qui fait jaser et qui fait scandale actuellement !

Jetons d’abord un coup d’œil sur l’entreprise. Shein a été fondée par le Chinois Xu Yangtian en 2008. On dit de ce quadragénaire qu’il est très discret et s’expose rarement devant les caméras et sur les réseaux sociaux. L’entreprise qu’il dirige vend surtout en ligne, ou par l’entremise de magasins éphémères, dans plus d’une cinquantaine de pays. On peut acheter à rabais des articles de toutes sortes qui ressemblent faussement à de grandes marques, des robes à 5 $, des chandails à 3 $, des produits cosmétiques, des chaussures, des bijoux, du linge pour enfant… Shein produit, juste en vêtements, des milliers de modèles par jour. Ce qui est considérable ! Et l’entreprise est prospère. En 2025, elle affichait un bénéfice net de 1,7 milliard de dollars… Et ce qui fait encore plus réagir ces temps-ci, c’est l’ouverture d’un premier magasin sur une rue chic de Paris. Des Français l’ont vivement dénoncée sur la place publique récemment.

En fait, des millions de clients ignorent peut-être à quel point Shein, ou d’autres commerces comme Temu, font des ravages dans le monde sur les plans environnemental et humain. La chaîne du scandale débute avec l’employé qui est exploité, car, pour chaque chandail fabriqué au Bangladesh vendu à 43,50 $, seulement 0,27 $ lui revient. Et on peut s’imaginer les conditions de travail difficiles de cet employé, souvent très jeune.

Des organismes écologiques se soulèvent régulièrement contre ces géants à cause du tort important qu’ils causent à la planète avec des montagnes de déchets dans divers pays. Chaque année, ce sont plus de 20 000 tonnes de vêtements qui finissent dans des sites d’enfouissement ou qui sont brûlées dans des dépotoirs. De plus, Greenpeace a découvert que 47 produits vendus par ce type de commerce étaient toxiques pour la santé. Des composés chimiques utilisés pour rendre le plastique plus résistant et reconnus comme perturbateurs endocriniens ont été retrouvés en quantité non négligeable dans des chaussures vendues par Shein. Leur analyse a aussi montré qu’un manteau pour enfant peut même contenir 20 fois la quantité de plomb jugée sécuritaire par Santé Canada. Équiterre crie fort aussi pour se faire entendre pour les mêmes raisons.

Bref, cette mode éphémère est très néfaste pour la santé du monde. Ajoutons à cela tous les autres aspects de la production qui bouleversent notre qualité de vie en général, la culture du coton qui demande beaucoup d’eau et de pesticides, le polyester qui libère des microplastiques et le transport de la marchandise qui entraîne de la pollution. Bien sûr, Shein n’est pas la seule à polluer la planète, mais elle y contribue grandement avec l’ampleur de sa marchandise jetable !

Alors, même si je reste fidèle à mes principes sur la beauté de la mode, mon intention pour éviter de contaminer la planète et tuer le commerce plus équitable est de porter mes vêtements plus longtemps et de privilégier l’achat local. Et j’espère ne jamais voir de bannière Shein, écrit en gros, tout près de chez nous.

Pour aller plus loin, Le Nouvel Observateur du 11 décembre 2025 a réalisé un long reportage sur le sujet.

Sources : ledevoir.com/les-as-de-l-info/939069/c-est-quoi-probleme-shein ; ici.radio-canada.ca/nouvelle/2062549/shein-mode-chinois-vetements-jetable

Photo : © Adobe Stock

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