Les candidats de Charlevoix–Côte-de-Beaupré ont confronté leurs idées lors de deux débats présentés dans Charlevoix les 20 et 23 septembre derniers. Les rencontres réunissaient quatre candidats, alors que le candidat libéral Michel Bureau était absent.
La hausse du coût de la vie, l’accès au logement, la santé, l’éducation, l’immigration, la main-d’œuvre et le développement économique ont été abordés. Le projet de troisième lien entre Québec et Lévis a également retenu l’attention des candidats.
Le troisième lien au cœur des échanges
Le projet de troisième lien proposé par le Parti conservateur du Québec a suscité plusieurs réactions.
Le candidat du Parti québécois, François Gariépy, a qualifié d’inconcevable l’idée de faire passer la circulation par l’île d’Orléans. Il s’est toutefois fait rappeler qu’il avait déjà déclaré que le projet d’Éric Duhaime était le meilleur. Il a finalement affirmé lors du débat « que les gens de l’île n’en veulent pas ».
Caroline Simard, candidate du Parti conservateur du Québec, a rappelé que le dossier du troisième lien ne fait pas l’unanimité. Elle a aussi souligné qu’une proposition libérale antérieure prévoyait un lien sous-fluvial passant par la pointe ouest de l’île.
La députée sortante, Karianne Bourassa, a pour sa part contesté le projet conservateur, évoquant notamment la vocation agricole de l’île, les propriétés qui pourraient être touchées et les travaux nécessaires pour adapter la côte du pont. Elle a aussi rappelé que la voie multifonctionnelle du futur pont en construction pourrait être appelée à jouer un rôle dans cette proposition, alors que le projet actuel ne le prévoit pas ainsi.
Mme Simard a par ailleurs reproché au gouvernement de ne pas avoir suffisamment informé les citoyens de l’île de l’arrêt temporaire des travaux du chantier sud, causé par une infiltration au niveau d’un batardeau. Mme Bourassa a répondu que le préfet de la MRC et les maires avaient été avisés.
Des priorités régionales bien présentes
Dulce Vivar a placé ses interventions sous le signe du travail collectif et de l’avenir des régions. Elle a parlé de la hausse du coût de la vie, de l’accès au logement abordable, de la contribution de la main-d’œuvre immigrante et de l’importance de soutenir la culture.
François Gariépy a mis de l’avant plusieurs propositions économiques, dont un crédit d’impôt pour un premier achat de maison, des soins à domicile, une réduction de la TVQ sur l’essence et une baisse de la fiscalité des entreprises.
Caroline Simard a mis l’accent sur la proximité avec le terrain, l’aide à domicile, l’agriculture, le logement familial et la régionalisation de l’immigration.
Karianne Bourassa a défendu le bilan gouvernemental, évoquant notamment les logements abordables, les sommes prévues pour l’entretien des infrastructures vieillissantes et l’accompagnement des démarches liées à la régionalisation de la main-d’œuvre.
Santé et éducation
En santé, Caroline Simard a plaidé pour davantage de prévention et un meilleur accès à l’activité physique. Karianne Bourassa a abordé la lutte contre l’itinérance, l’accès aux services et le rôle des organismes communautaires. François Gariépy a ramené le débat vers la perte d’autonomie et les soins à domicile, tout en défendant l’abolition de Santé Québec comme source potentielle d’économies. Dulce Vivar a insisté sur les soins de proximité, rappelant que les infrastructures ne suffisent pas sans médecins, infirmières et personnel pour offrir les services.
En éducation, les candidats ont partagé des constats sur la difficulté de former et de retenir les jeunes en région. François Gariépy a proposé la tenue d’états généraux sur l’éducation et a défendu la rémunération des stages dans les domaines où les besoins sont criants. Dulce Vivar a également soutenu l’idée de financer davantage les stages et de couvrir une partie des frais liés au cégep et à l’université. Karianne Bourassa a rappelé les investissements dans de nouvelles écoles, tandis que Caroline Simard a réclamé davantage de pouvoir pour les écoles et les milieux locaux.
Développement économique et main-d’œuvre
François Gariépy a suggéré d’accorder un permis de conduire aux travailleurs étrangers temporaires et de leur offrir des habitations de qualité. Dulce Vivar a proposé de maintenir le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et de faciliter la francisation. Karianne Bourassa a de son côté évoqué l’idée d’un PEQ régionalisé, en plus de vouloir alléger le fardeau administratif des entreprises. Caroline Simard a affirmé que les MRC devraient avoir davantage leur mot à dire sur les capacités d’accueil en matière d’immigration.
Et la culture dans tout ça ?
Caroline Simard a parlé de mieux reconnaître les artistes, d’adapter les subventions aux besoins du terrain et de favoriser la diffusion de l’information sur les événements culturels.
François Gariépy a défendu une plus grande décentralisation de la culture, davantage d’investissements en région, un soutien accru aux bibliothèques et une meilleure découvrabilité des contenus québécois sur les plateformes numériques.
Karianne Bourassa a indiqué vouloir poursuivre l’aide financière aux institutions culturelles, notamment les musées, tout en appuyant les médias locaux.
De son côté, Dulce Vivar a rappelé la proposition de Québec solidaire d’investir 510 M$ en culture.
Au terme des deux débats, les candidats ont présenté leurs positions sur des enjeux qui touchent directement les citoyens de Charlevoix–Côte-de-Beaupré. Les échanges ont notamment porté sur les grands projets d’infrastructures, mais aussi sur des préoccupations plus quotidiennes comme le logement, les services de proximité, la main-d’œuvre, la santé, l’éducation et la vitalité des milieux de vie.



