Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur l’importance des croix de chemin dans le paysage orléanais et sur leur conservation. Ces petits patrimoines, comme on les surnomme, sont attachants et particulièrement singuliers. Il y en aurait encore plus de 3 000 au Québec. On les retrouve dans les rangs, les rues des villages et même dans les grandes villes.
Cette tradition remonte aux débuts de la Nouvelle-France lorsque Jacques Cartier érigea une première croix à Gaspé le 24 juillet 1534. Depuis, elles ont essaimé partout sur le territoire québécois.
Au fil du temps, elles vont embrasser différentes significations : ça peut être pour l’obtention d’une faveur ou d’une protection divine (protéger les récoltes, par exemple), commémorer un événement ou une personne, ou marquer la fondation d’un village. Beaucoup sont aussi des croix de dévotion où l’on se recueille le temps d’une prière.
Les croix de chemin avaient aussi des fonctions plus populaires ; entre autres, elles servaient de point de rencontre pour des cérémonies non religieuses et même des rendez-vous amoureux.
Heureusement, au Québec, des centaines de personnes se consacrent présentement à leur conservation et à leur mise en valeur.
Et justement, parlant de mise en valeur, je mentionnais dans un article précédent le piètre état de la croix du Mitan. Selon M. Paul Prémont, cette croix, située au nord-ouest de la côte du Mitan, servait de reposoir après avoir abordé la dangereuse et autrefois abrupte côte du chemin. Il se souvenait alors, avec son grand-père, d’arrêter à la croix avec le cheval, de décrocher le frein pour empêcher la charrette de basculer et faire une courte prière le temps de se reposer un peu. En servant de reposoir, la fonction de cette croix est assez particulière et probablement unique au Québec.
Cette croix vient tout juste d’être restaurée par la Municipalité de Sainte-Famille à l’initiative de son maire Jean-Pierre Turcotte. Voilà de quoi être fier.
Photo : La croix des Prémont, sur la route du Mitan, a récemment été restaurée à l’initiative du maire de Sainte-Famille, M. Jean-Pierre Turcotte. © Pierre Lahoud





