Semaine des bibliothèques publiques du Québec : David-Gosselin au cœur de la communauté

Benoît Pouliot, enseignant à la retraite, repeint la terrasse de sa maison, située au 6954, chemin Royal. Construite il y a 194 ans, cette demeure appartient aujourd’hui à M. Pouliot et son épouse, Sylvie Carbonneau, qui veillent à en préserver le caractère patrimonial. Le lieu a aussi une valeur historique particulière : David Gosselin, célèbre historien de Saint-Laurent, y a vécu il y a plus d’un siècle. Prêtre, éditeur et écrivain, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Aurait-il imaginé qu’un jour, la bibliothèque située à quelques minutes de marche de cette maison porterait son nom ?

La bibliothèque David-Gosselin a vu le jour en 1979 dans la sacristie de l’église Saint-Laurent, à l’initiative de Nicole Pouliot Desrochers qui l’administra jusqu’en 1985. À l’époque, il s’agissait d’un petit service consacré principalement au prêt de livres. Guy Delisle, qui en a été responsable de 1999 à 2019, se souvient qu’elle comptait alors environ 200 lecteurs et 18 bénévoles. Des activités étaient déjà offertes, dont le club de sciences Les Petits Débrouillards et l’heure du conte.
Même très occupé par son emploi d’ingénieur civil à la Ville de Québec, M. Delisle consacrait au moins cinq heures par semaine à la bibliothèque. « Pourquoi la bibliothèque ? C’était une très belle équipe. Les bénévoles de la bibliothèque sont passionnés, ils donnent de leur temps, et je trouvais que c’était une belle activité. »

Sous sa direction, la bibliothèque a grandi. « Nous sommes passés d’un petit local à l’une des bibliothèques les plus modernes », raconte-t-il.

Pour lui, une bibliothèque ne se résume toutefois pas aux livres. « C’est un lieu de rencontre où l’on discute avec les autres, où l’on se fait des amis, où l’on vérifie si c’est vrai ou pas. »

C’est dans cet esprit que la bibliothèque a emménagé en 2009 dans ses locaux actuels, au 6822, chemin Royal, et qu’elle est devenue un service municipal. Une nouvelle étape commence alors, avec davantage de livres, d’activités, de rencontres avec des auteurs et de bénévoles. Parmi eux se trouve Charlotte Bédard, qui se joint à l’équipe à la fin de 2019, après une carrière de 40 ans dans le domaine de la gestion, notamment chez Nortel.

Aujourd’hui, la bibliothèque David-Gosselin est bien plus qu’un lieu où l’on emprunte des livres. On peut y trouver des sagas, des romans policiers, des romans d’amour, des ouvrages d’histoire, des mangas, des revues, des encyclopédies et des arbres généalogiques. On peut également consulter de vieux livres provenant de la collection familiale de David Gosselin, jouer à des jeux de société, faire des casse-têtes, admirer des œuvres d’artistes locaux et même en acheter. Des conférences sont aussi proposées sur des sujets aussi variés que l’histoire des microbrasseries ou celle des poissons de rivière.

La bibliothèque relève de la Municipalité de Saint-Laurent et fait partie du Réseau Biblio qui regroupe 114 bibliothèques desservant 117 municipalités de moins de 5 000 habitants. Saint-Laurent, qui compte moins de 1 800 résidents, bénéficie ainsi de ressources et de services diversifiés dont la carte MUSEO, qui permet d’accéder gratuitement à certains musées, des ateliers éducatifs et des ressources numériques.

Mais les livres demeurent au cœur de la bibliothèque. Tous les quatre mois, environ 800 ouvrages sont envoyés par le bureau central. La bibliothèque peut aussi effectuer ses propres achats tous les deux mois grâce à un financement municipal. Ce sont des bénévoles qui choisissent les titres : Louise Lapointe Pouliot s’occupe des ouvrages pour adultes et Nathalie Olivier de ceux destinés aux jeunes. « Je choisis des biens culturels en fonction des goûts de notre clientèle. Les romans policiers, les romans québécois ainsi que les biographies sont très populaires », explique Louise, qui est conseillée par la responsable des collectivités de la librairie qu’elle fréquente. Les séries connaissent également beaucoup de succès auprès de la clientèle, notamment chez les retraités.

La bibliothèque est ouverte les mardis, mercredis et samedis chaque semaine toute l’année et repose sur l’engagement de 30 bénévoles. Charlotte Bédard, qui en assure la direction depuis cinq ans, aime particulièrement accompagner les bénévoles dans leur travail. « Ce que j’aime par-dessus tout, c’est aider les gens et voir qu’ils sont heureux. »

Cette volonté de s’impliquer se retrouve chez plusieurs bénévoles. Louise y consacre son temps depuis 39 ans, portée par son amour de la lecture et les échanges avec les autres bénévoles. Francine Morel en est à sa 16e année, Line Rouleau à sa troisième et Stéphane Roby à sa première. Anne Gagnon, bénévole depuis 11 ans et demi, apprécie quant à elle le sentiment d’utilité, les nouvelles compétences acquises et les liens d’amitié qui se créent au sein de l’équipe et avec les gens du village. La bibliothèque est ainsi devenue un véritable centre social, où les livres servent aussi de prétexte aux rencontres et aux échanges.

Le 5 août dernier, Frédéric Verweirde et son fils Baptiste y sont venus rendre des jeux de société et quelques livres, notamment des histoires de Garfield, de Jim Davis. Ils aiment jouer ensemble le soir, emprunter la carte MUSEO pour visiter des musées et, bien sûr, lire. « C’est beaucoup plus pratique que d’acheter plein de livres et d’avoir une bibliothèque bien trop pleine à la maison. Au moins, on peut avoir les livres qu’on veut temporairement, les lire, puis toute la communauté peut en profiter », explique Frédéric.

Baptiste repart avec plusieurs nouveaux Garfield. Il préfère les livres papier aux livres numériques, pour une raison bien simple : « Les livres, ça ne se décharge jamais. »

Photo : Frédéric Verweirde et son fils Baptiste empruntent quelques livres, notamment des histoires de Garfield, de Jim Davis. © Oksana Mukhina

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