Cette phrase toute simple « Ça va bien, vous autres ? » sort de la bouche d’une personne couchée sur un banc dans un parc ensoleillé une fin d’après-midi d’automne. L’homme d’une cinquantaine d’années était témoin, bien malgré lui, d’une chicane de ménage. Cette intervention bienveillante de sa part qui l’a fait lever d’un bond de son banc, prêt à intervenir pour apaiser la tension du couple, m’a fait réfléchir, encore une fois, sur l’idée qu’on a des personnes itinérantes et sur leur sort au Québec.
Ce n’est pas la première fois que je vous parle des itinérants dans une chronique. Il y a quelques années, je vous avais raconté l’histoire de cet itinérant qui m’avait offert dix sous pour me dépanner, m’évitant ainsi d’utiliser ma carte de crédit dans un supermarché. Il me l’avait donné spontanément, faisant ainsi preuve d’humanisme et d’entraide. Cette attention m’avait beaucoup émue, car aucune personne dans la file, à part lui, n’était intervenue.
La Presse du 9 avril 2026 titrait :
Ils sont dorénavant plus de 12 000 à vivre dans les rues de la province, et 30 % plus nombreux en région. C’est un nouveau triste sommet pour l’itinérance au Québec révélé par le plus récent dénombrement du gouvernement, dont les résultats ont été publiés jeudi.
L’itinérance visible a continué de progresser ces dernières années dans les grandes villes, mais aussi dans presque toutes les régions du Québec, selon un article publié par La Presse en avril dernier. J’y vois donc une autre bonne raison d’en reparler. Ces hommes et ces femmes de tout âge qui dorment dans la rue, sur les trottoirs, qui habitent les parcs, les bois, des campements : on en voit un peu partout… trop souvent, si on prend le temps de regarder autour de nous. Or, on les ignore et on les fuit comme la peste.
Ces personnes vulnérables, qui ont souvent le cœur sur la main, sont des êtres humains comme nous, pas des rebuts à jeter à la poubelle. Plus que jamais, il devient nécessaire de les aider en commençant par les regarder droit dans les yeux et leur parler d’humain à humain. Le thème de l’itinérance est d’ailleurs devenu très populaire dans le discours des politiciens au cours de la campagne électorale de 2026. Reste à voir ce qu’ils pourront faire pour leur redonner le goût d’exister dans la dignité et renverser la tendance actuelle qui glace le sang. Un toit est la première nécessité.
Sources : https://www.lapresse.ca/actualites/2026-04-09/itinerance-au-quebec/un-nouveau-sommet-est-atteint.php https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-003995/ https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2245073/itinerance-denombrement-quebec-levis
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