De l’autre côté de la route Prévost, où j’habite, à Saint-Pierre, et où je vais souvent marcher, c’est par un après-midi d’octobre, il y a 5 ans, que soudainement j’entends des cris aigus, plaintifs, stridents.
Je rencontrais là souvent quatre renards peu sauvages. Ils ne faisaient même pas peur aux lièvres. Mais cette fois, il y en avait une vingtaine formant deux bataillons en combat. Les cris étaient effrayants. Il y avait des corps à corps accompagnés de jappements défiants. Je m’enfuis de là, confus, de peur d’attraper la rage.
Je n’ai jamais revu un seul renard à l’île. On m’a expliqué qu’un virus latent se développe sous un stress puissant causant la mort du groupe.
Au même endroit, le même automne, pendant deux jours, des dizaines d’écureuils se défiaient, criaient, se mordillaient … Ils étaient divisés en deux groupes ennemis, se faisant une guerre sans merci dans les branches. La plupart en sont morts.
Rémi Bolduc
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