Pour l’environnement, protégeons nos chauves-souris

Les chauves-souris ont toujours eu mauvaise réputation dans le monde. On croit à tort qu’elles peuvent se coller aux cheveux, qu’elles se nourrissent de sang comme les vampires… À l’Halloween,  elles font souvent partie du décor sinistre des terrains et des maisons. Bref, elles font peur alors qu’elles sont inoffensives et surtout utiles pour la santé de nos écosystèmes. À l’heure actuelle, elles sont en danger !     

La chauve-souris appartient à l’ordre des chiroptères qui signifie « mains en forme d’ailes. »  Ce petit mammifère est le seul d’ailleurs à pouvoir voler. Il mesure de 9,6 à 13,4 cm et pèse de 11 à 22 grammes. Et depuis 2010,  rien ne va plus pour lui. Des colonies ont grandement diminué et sont même en déclin. 

La première cause est le « syndrome du museau blanc », une infection qui se développe chez la chauve-souris et qui n’est pas une menace pour la santé humaine. Il s’agit d’un champignon qui recouvre le museau de l’animal affecté. Cette maladie qui vient d’Europe attaque les chauves-souris en hibernation et les fait mourir. Et, depuis les années 2000, elle s’est répandue vite un peu partout en Amérique du Nord. Si bien que le taux de mortalité dépasse parfois 90 %. Mais il n’y a pas que la maladie qui nuit à leur survie. Il y a aussi la perte de leurs abris naturels. C’est pourquoi des chauves-souris ont trouvé refuge ailleurs dans nos habitations parfois, des greniers de maisons, des hangars, des granges ou des entretoits d’église…, quand elles ne trouvent pas d’abris dans la nature, des grottes ou des cavités d’arbres. Là, cependant, elles ne dérangent personne ! Elles nichent, en fait, là où elles peuvent conserver leur chaleur et se reproduire. Généralement, elles sont silencieuses mais il peut arriver d’entendre des bruits de grattement si elles ont élu domicile à la maison mais rarement des cas d’odeur sont observés.   

Encadré

Chaque espèce de chauve-souris a son cri que l’oreille humaine peut rarement entendre. Les modifications du territoire par le développement urbain, la foresterie et l’agriculture affectent leur habitat naturel.

Un insecticide naturel

Mais sait-on à quel point les chauves-souris, en consommant chacune en moyenne 600 insectes nuisibles à l’heure, soit l’équivalent de leur propre poids, permettent d’épargner notre santé et de sauver des récoltes ? Leur disparition entraînerait une multiplication d’insectes ravageurs en forêt comme dans les champs et priverait les agriculteurs de leurs précieux services d’insecticides naturels.   

Selon une estimation publiée sur le site chauvesourisauxabris, leur déclin en Amérique du Nord pourrait entraîner des pertes agricoles estimées à plus de 3,7 G$ par année. Ce qui constituerait un vrai désastre pour la chaîne alimentaire et l’environnement ! D’autant plus qu’elles jouent aussi un rôle utile sur un autre plan…  avec leurs fèces ou excréments qui peuvent servir d’engrais. Car ces engrais naturels favorisent notamment la croissance verte des pelouses, soutiennent la floraison et la croissance des racines. Parlez-en aux vignerons, aux agriculteurs et aux horticulteurs ! 

Des espèces en péril  

Au Canada, on compte 18 espèces de chauves-souris dont huit au Québec : deux types de chauves-souris brunes, la petite et la grande, la chauve-souris argentée, la chauve-souris nordique (en voie de disparition), la chauve-souris rousse, la chauve-souris cendrée, la chauve-souris pygmée de l’Est et la Pipistrelle de l’Est (en voie de disparition). Certaines migrent, d’autres pas, comme les résidentes. Ici,  à l’île d’Orléans, ce sont surtout les petites et les grandes chauves-souris-brunes qui habitent le territoire. Et la petite qui vit dans le milieu boisé est actuellement menacée de disparition.

Pour se déplacer et trouver leur nourriture dans la nature et les champs, les chauves-souris utilisent l’écholocalisation, c’est-à-dire qu’elles émettent des sons pour se repérer dans l’espace. Elles chassent la nuit et sont insectivores. Certaines espèces peuvent vivre longtemps… jusqu’à 39 ans.  

Pour éviter leur disparition du paysage, il y a des solutions. Heureusement ! D’abord, il est recommandé de signaler les colonies de chauves-souris sur le site chauvesourisauxabris pour que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts puisse mieux les localiser, suivre leur évolution et aider à leur conservation.

Il est aussi suggéré, pour les protéger, de leur fournir un abri qu’on appelle aussi dortoir. On peut le construire soi-même en suivant la démarche sur le site chauvesourisauxabris ou en acheter chez certains détaillants bien que le succès de ces abris soit toutefois variable. 

Même si on doit éviter d’entrer en contact direct avec les chauves-souris qui ont malgré tout un faible risque de transmettre la rage à l’humain, leur préservation demeure essentielle pour favoriser un meilleur équilibre écologique. Il faut juste porter, de loin, un regard différent sur elles parce qu’elles sont indispensables pour notre environnement !

Sources :https://mffp.gouv.qc.ca/jeunesse/especes-danger-chauveshttps://mffp.gouv.qc.ca/auteurs-ministeriels/equipe-retablissement-chauves-souris; https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/sante-animale/maladies-animales/liste-maladies-animales; https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique; RIOPEL, Alexis,  « L’effet Domino » – Québec Science, mars 2025, p. 12. 

Vignette : Grande chauve-souris brune ayant trouvé refuge dans un dortoir. On retrouve cette espèce à l’île d’Orléans. ©Francis Lessard, MFFP 

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