L’ambiance était à la fête alors qu’une centaine de personnes a participé à la soirée commémorative du 75e anniversaire de l’échouement du paquebot Franconia, le 12 juillet, à Sainte-Pétronille.
Organisé par le Centre culturel Robert-Martel (CCRM) et commandité par la Caisse Desjardins de la Chute-Montmorency-Île-d’Orléans, l’événement s’est déroulé par une chaude soirée, un peu comme le 12 juillet 1950, sur le terrain de la résidence d’été des Sœurs servantes du Saint-Cœur-de-Marie.
« Nous voulions recréer une ambiance festive, à l’image de celle qui régnait à bord du navire au moment de son départ du port de Québec vers l’Europe. Les passagers disaient au revoir aux gens sur le quai pour ensuite boire et manger. Nous voulions aussi évoquer l’esprit de la communauté de Sainte-Pétronille qui s’est impliquée après l’échouement en hébergeant des passagers et en leur offrant nourriture et breuvage. Tous les gens qui ont entendu le bruit ce soir-là sont venus voir ce qui se passait. Cela devait être impressionnant », a précisé la présidente du CCRM, Anne-Yvonne Jouan.
Rassemblés sous un chapiteau, des membres du CCRM, des Orléanais et des gens de Québec ont pu se replonger dans cette époque grâce au groupe Odeur de swing qui a interprété des classiques des années 1950. Les participants ont aussi pu y aller de quelques pas de danse après que le couple de Francis Desharnais et Geneviève Thibault ait donné un cours accéléré de swing.
Mme Jouan a ensuite livré un vibrant discours :
« Ce soir, nous ne sommes pas simplement réunis pour évoquer un fait historique. Nous sommes rassemblés pour nous souvenir ensemble, pour faire vivre une mémoire qui nous appartient à tous, parce qu’elle a traversé les générations, les récits de famille, les archives, les regards tournés vers le fleuve. L’échouement du Franconia pourrait n’être qu’un épisode maritime insolite. Mais ici, à Sainte-Pétronille, il est bien plus que cela. Il est une histoire de communauté. Car ce jour-là, et dans les jours qui ont suivi, notre village tranquille a su accueillir, s’émerveiller, s’organiser… Il a été témoin, acteur, mémoire vivante d’un moment hors du commun. »
Communauté porteuse d’histoire
L’artiste de Sainte-Pétronille a affirmé qu’au fil du temps, cette mémoire ne s’est pas effacée. Aujourd’hui, elle renaît à travers le livre de Gilles Gallichan, les mots des aînés, les créations des artistes, les gestes de tous ceux qui tiennent vraiment à leur village.
« Au CCRM, nous croyons profondément que ce sont les communautés qui portent l’histoire, et que c’est ensemble que nous pouvons la faire vivre. C’est pourquoi nous avons voulu que cette commémoration soit inclusive, intergénérationnelle, inspirante. Alors ce soir, en regardant ensemble vers le fleuve, souvenons-nous que les histoires extraordinaires naissent souvent de lieux ordinaires – et que leur force vient de la manière dont nous les faisons vivre, ensemble », a déclaré Mme Jouan.
L’historien de Sainte-Pétronille, Gilles Gallichan, en a profité pour raconter quelques anecdotes entourant l’incident qui, heureusement, n’avait fait aucune victime.
À l’instant fatidique, soit à 21 h 38, les participants ont fait un décompte pour ensuite souffler dans des sifflets à roulette afin de commémorer le moment. Un coup de canon a retenti quelques minutes plus tard, rappelant le bruit impressionnant créé par le bateau s’arrêtant sur la berge de Sainte-Pétronille.
« Je crois que la soirée était réussie. Tout le monde a éprouvé du plaisir à se retrouver et danser au son de l’excellent orchestre. Quelle aventure, ce Franconia ! Même 75 ans plus tard, il continue de rassembler les gens du village », s’est réjouie Mme Jouan.
Vignette : Pour souligner l’instant précis de l’échouement du Franconia, en 1950, les participants à la soirée commémorative ont soufflé dans des sifflets à roulette. © Marc Cochrane
Photos : Marc Cochrane














2 Commentaires
Wow ! Bravo pour cette initiative, son organisation et pour le succès évident qu’elle a suscité ! J’aurais aimé y participer mais j’étais à l’extérieur de l’île pour l’été.
Merci Marc, ton article ainsi que les photos sont un cadeaux souvenir pour nous tous et pour nos archives. Le CCRM apprécie grandement.