Les institutions muséales de l’île doivent se serrer la ceinture

Les institutions muséales de l’île d’Orléans, telles que la Fondation François-Lamy et le Musée maritime de l’île d’Orléans, doivent faire preuve d’ingéniosité pour poursuivre leurs activités malgré le financement du gouvernement provincial qui ne correspond pas à la hausse des coûts de fonctionnement.

Selon le directeur général de la Fondation François-Lamy (FFL), Raphaël Boivin-Fournier, les subventions du Programme d’aide au fonctionnement des institutions muséales (PAFIM) ne suffisent pas à combler le manque à gagner au budget des organismes. L’écart ne fait que grandir entre l’aide du PAFIM et les frais de gestion sans cesse croissants (assurances, chauffage, matériaux, main-d’œuvre).

« Depuis 2019, les frais de gestion ont augmenté de 25 %, alors que la contribution du PAFIM n’est passée que de 15 à 18 %. Cela a notamment entraîné une suppression de postes et augmente aussi le risque de cesser certaines activités au cours des prochaines années », commente M. Boivin-Fournier, nouveau président de la Table de concertation en histoire et patrimoine Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Afin de sensibiliser le gouvernement à cette réalité, un regroupement d’institutions muséales de l’île d’Orléans, la Côte-de-Beaupré et Charlevoix a rencontré la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, à son bureau de Beaupré le 21 janvier. Une rencontre avec le député responsable de la région de la Capitale-Nationale, Jean-François Simard, a également eu lieu.

Une autre problématique du PAFIM a aussi été observée par M. Boivin-Fournier. Le programme de financement ne fait pas la distinction entre un musée moderne et un bâtiment patrimonial comme la Maison Drouin ou la Maison de nos Aïeux qui commande des frais additionnels en entretien. C’est pourquoi la FFL mène présentement une campagne de financement hivernale.

Des leviers économiques et touristiques

Selon M. Boivin-Fournier, les institutions muséales constituent des leviers économiques et touristiques.
« Jusqu’à 73 % des visiteurs estivaux sont des touristes. Les musées contribuent directement à l’attractivité, à la vitalité culturelle et au développement régional », précise-t-il.

Le Musée maritime plus chanceux

Alors que certaines institutions muséales au Québec ont été confrontées à un statu quo ou à une baisse de leur financement public, le Musée maritime de l’île d’Orléans (MMIO) a reçu une contribution majorée de 5 400 $ pour les trois prochaines années.

« Nous sommes chanceux à ce niveau. Toutefois, avec la fin du programme des premiers dimanches du mois gratuits remboursés par le gouvernement du Québec et la diminution des subventions d’Emplois d’été Canada, nous avons dû aussi réduire le personnel. En plus d’assurer la direction générale, je dois agir comme guide », mentionne le directeur du MMIO, Antoine Côté.

Quant au Manoir Mauvide-Genest (MMG), il n’a pas bénéficié de soutien financier public à la suite de sa demande déposée en 2025.

« Nous sommes toujours en attente d’une réponse, cela a été reporté en avril faute d’enveloppe budgétaire. Nous espérons une réponse positive », souligne la présidente et trésorière du conseil d’administration de la Fondation du MMG, Danielle Perreault.

Un pas dans la bonne direction

Le contexte d’incertitude planant au-dessus de la tête des institutions muséales pourrait toutefois s’améliorer à la suite de l’annonce du ministère de la Culture et des Communications, en décembre, de doter l’enveloppe du PAFIM d’une somme de 26,47 M$ annuellement pour le cycle 2025-2028.

« Parmi les 121 institutions muséales soutenues au fonctionnement dans le cadre de cette annonce, 83 % d’entre elles ont vu leur aide publique augmenter alors qu’on observe le statu quo pour la plupart des autres », peut-on lire dans un communiqué de la Société des musées du Québec qui demande de porter à 34,2 M$ les crédits permanents du programme dès 2026-2027.

Photo : Raphaël Boivin-Fournier, de la Fondation François-Lamy, et Chantal Gingras, du Musée maritime de l’île d’Orléans, ont rencontré la députée Kariane Bourassa afin d’obtenir des montants supplémentaires du gouvernement provincial. © Bureau de Kariane Bourassa

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