Faire confiance !

De jeunes Orléanais, Clément Verreault de Sainte-Pétronille et Théo Ferland de Saint-Pierre, ont fait parler d’eux pour leur bravoure dans le journal Autour de l’île. Le premier a récemment vaincu un cancer grâce à sa foi et son courage. Le second a sauvé, il y a quelques années, un père et ses enfants du Saint-Laurent. Tous deux partagent un point en commun, la confiance, car ils n’ont pas eu peur de sauter dans le vide pour gagner leur combat. Ceci illustre bien le thème de ma chronique qui porte sur la confiance… en soi et aux autres !

À une époque pas si lointaine, tenir sa parole valait de l’or. C’était une marque de confiance, un engagement sérieux, aussi solide que signer un contrat. Ne pas respecter son engagement, c’était perdre sa réputation ! On scellait des alliances entre voisins par une simple poignée de main. À l’île d’Orléans, des droits de passage d’une terre à l’autre ainsi que des prêts d’équipements agricoles étaient courants… sans aucun document écrit.

De fait, la confiance réfère à l’idée qu’on peut se fier à quelqu’un ou à quelque chose. De nos jours, cette confiance est toujours aussi fondamentale dans le monde. Une idée partagée par la philosophe Michela Marzano qui a écrit le livre, il y a quelques années, Éloge de la confiance. Selon cette prof de philo à Paris, tout commence par la confiance en soi, comme celles de Clément et de Théo. C’est elle qui permet, par la suite, de s’ouvrir aux autres, de créer des liens, de construire un espace de partage et de bâtir un projet avec quelqu’un. Ce sentiment qu’on reçoit d’abord des parents dès l’enfance donne des ailes dans la vie et procure une forme d’équilibre et de bien-être aussi ! Il est précieux comme le sang qui coule dans nos veines pour nous maintenir en vie. D’ailleurs, c’est grâce à cette confiance que nos relations avec les autres tiennent le coup, que ce soit au travail, en amitié, en amour… Sans ce sentiment partagé, il est difficile d’imaginer même l’existence des relations humaines ! Sans elle, la société est en péril comme un bateau sans son capitaine !

Dans notre communauté insulaire, au moment où, au printemps, le blanc cède la place au vert dans les champs, d’autres gestes de confiance refont surface. Bientôt, des agriculteurs ouvriront des kiosques en libre-service, avec pignon sur rue le long du chemin Royal. Cette vente libre aux clients repose entièrement sur la confiance : il suffit de choisir des produits, de calculer le montant de sa facture et de glisser l’argent comptant dans une petite boîte près de la porte. Le petit extra, c’est le mot gentil que le client laisse dans cette boîte pour dire merci à l’agriculteur et qu’il apprécie la qualité de ses produits.

Bien sûr, la confiance a ses limites et peut être dangereuse parfois, car on peut tout perdre en étant trop naïf ! Mais je préfère garder à l’esprit le bénéfice qu’elle m’apporte pour illuminer ma vie, à l’image de cette réflexion d’Adrien Vershaere : « L’amour est un fleuve qui s’assèche s’il n’est plus alimenté par la confiance. »

Source : https://shs.cairn.info/revue-etudes-2010

Photo : © Adobe Stock

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