Bien cachée au bout de l’île, dans un bouquet de verdure, à mi-hauteur entre le golf et la rive, la chapelle St. Mary est l’un des discrets trésors que l’île d’Orléans réserve aux promeneurs attentifs et curieux.
La chapelle de bois érigée sur une fondation en pierres est le seul édifice religieux qui témoigne de la présence des anglo-protestants à Sainte-Pétronille. Ces derniers, au XIXe siècle, ont fait de ce nouveau village du bout de l’île, un haut lieu de villégiature et de vacances.
Elle fut construite en 1867, sur un terrain offert par le notaire Noël H. Bowen, grand entrepreneur et promoteur immobilier qui avait fait construire, en 1855, le premier quai pouvant accueillir un traversier faisant la navette vers Québec.
La chapelle est l’œuvre de l’architecte québécois Edward Stavely (1795-1872) qui adopta le style néo-gothique, typique des temples anglicans à l’époque. Ses murs peints en blanc sont soutenus de contreforts et sa toiture rouge est coiffée d’un petit clocher. La nef est accessible par un porche latéral.
La voûte et les lambris sont en cèdre rouge qui offre un décor chaleureux et intime. Le chœur est orné d’un beau vitrail représentant l’Ascension du Christ, réalisé en 1904, par le maître verrier Wallace J. Fisher, qui a produit de nombreux vitraux dans les églises du Québec, en collaboration avec Bernard Leonard à son atelier de la rue Saint-Jean, à Québec. Une inscription au bas de l’œuvre rappelle que le vitrail fut offert par Laura Dunn à la gloire de Dieu et en souvenir de sa famille.
Les fenêtres en ogives, les boiseries en chêne sculpté, les luminaires anciens (la chapelle n’a pas l’électricité) et le mobilier en font un ensemble remarquable. Une petite sacristie est aménagée à droite du chœur.
À quelques pas, en retrait de la chapelle, le rectory accueillait, en été, le pasteur et sa famille.
C’est la communauté anglophone de Sainte-Pétronille qui a financé, à l’époque, la construction de ce temple, en particulier les grandes familles, dont celles de John Porteous, Timothy H. Dunn et Joseph Leacraft, qui fut le premier maire du village en 1874. Plusieurs plaques commémoratives évoquent le souvenir des membres de cette communauté et des soldats qui sont morts pendant la Grande Guerre de 1914-1918.
En septembre 1938, la crypte de la chapelle a reçu la sépulture du peintre Horatio Walker, qui repose toujours sous le chœur de l’édifice et conserve la mémoire d’un lieu où règnent la beauté, la paix et l’inspiration.




